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 It's an ordinary day [Letha]

but those names will never die
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DEBUT DE TON ODYSSEE : 05/09/2016
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INCARNATION : Elizabeth Olsen
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Mer 19 Oct - 14:32

it's an ordinary day.

So little time, so much to do I'd like to spend one day with you And if that day is not enough Maybe we can stay in touch But I'm not making plans for tomorrow


Marcella soupira en appuyant sur le bouton d’ascenseur de son appartement et profita de la courte montée pour retirer ses escarpins qu’elle avait dû supporter toute la journée et toute la soirée. Marcher avec des talons ne représentait pas véritablement une épreuve en soi mais elle avait passé la journée au tribunal pour seconder son mentor dans une affaire de maltraitance d’enfant par des grands-parents et elle avait ensuite dû aller lécher les bottes de grands pontes du domaine juridique pour faire bien voir son cabinet et ses associés. Elle détestait cela. Les mondanités n’avaient jamais véritablement été son truc même si elle devait bien admettre qu’elles représentaient un vivier exceptionnel de cible et victime mais ce n’était amusant que lorsqu’elle s’y rendait pour le plaisir, pas pour le boulot. Et elle devait aussi admettre que cette histoire de maltraitance la perturbait et lui faisait penser à sa propre famille. Ses propres grands-parents ne méritaient aucune médaille pour l’éducation qu’ils lui avaient donné, bien au contraire, quant a son propre père, jamais elle ne lui confierait sa petite Nox.

Sa fille faisait d’ailleurs partie des raisons pour laquelle cette journée avait été bien difficile à supporter. Xenia la chérissait plus que tout au monde, elle était son soleil malgré son prénom et surtout son oxygène et occupée comme elle l’avait été, elle ne l’avait pas vu de la journée. A peine le matin, le temps de la réveiller avec que la baby-sitter n’arrive et le temps d’un facetime entre ses obligations pour lui souhaiter bonne nuit. L’avocate détestait ce genre de journée, où elle ne pouvait pas passer de temps avec sa fille, où elle était obligée de la confier à quelqu’un parce qu’elle ne pouvait pas s’en occuper elle-même. Or elle s’était toujours débrouillée toute seule pour l’élever et pour la faire passer en priorité de tout. Elle voulait lui faire vivre le contraire de ce que ses parents lui avaient infligé. Elle ne l’abandonnerait jamais, elle. Mais malheureusement, ce n’était que le premier jour d’un procès appeler à durer au moins deux semaines et elle ne la verrait donc que peu durant ces quinze jours.

Par chance, Ella avait toute confiance, en la jeune fille à laquelle elle confiait son enfant durant cette période Letha ne lui rendait normalement service que de temps en temps mais c’était une gamine solide et qui savait prendre soin de Nox, comme n’importe quelle mère aimante voudrait que l’on s’occupe de sa chair et de son sang. Elle en avait vu de dures mais elle continuait de se battre et elle faisait en sorte de faire de sa douleur une force pour continuer. Tout à fait le genre de personne que la juriste voulait dans son orbite et dans celui de sa fille. Les portes de l’ascenseur s’ouvrir sur son bel appartement et Xénia jeta ses chaussures sur le côté pour s’avancer dans son salon à la recherche de sa baby-sitter à qui elle offrit un sourire lorsqu’elle la trouva. « Bonsoir Letha. Encore désolée de rentrer si tard et d’abuser de son temps. Tout s’est bien passé ? » La blonde avait hâte d’entendre parler de la prunelle de ses yeux mais encore plus de pouvoir aller regarder sa petite forme endormie et de poser un baiser dans ses cheveux.
 
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I can't fight that she controls me Should have known she'd be so deadly To touch, to take, to want to need This desire is torture that I bleed From Heaven to Hell and everything between The most evil that you've ever seen Biting her lips she knows it kills me  — .
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Dernière édition par X. Marcella Olympiakís le Jeu 17 Nov - 9:12, édité 1 fois
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DEBUT DE TON ODYSSEE : 25/08/2016
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LOCALISATION : Athènes, la ville qui l'a vue naître, grandir, espérer puis déchoir.
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Dim 23 Oct - 22:06
It's an ordinary day
Letha & Marcella
Oh, simple thing, where have you gone? I'm getting old, and I need something to rely on. So tell me when you're gonna let me in, I'm getting tired, and I need somewhere to begin.

Je n'avais jamais envisagé que je puisse avoir une quelconque affinité avec les enfants. Je n'avais pas la patience de m'occuper d'autres personnes, ni même suffisamment d'empathie pour anticiper leurs besoins. Je ne comprenais même pas comment on pouvait vouloir aider les autres. Non que je sois particulièrement égoïste mais l'humanité me dégoûtait profondément. L'être humain était plein de vices, de démons qu'il fallait exorciser et j'en faisais volontiers partie. Moi-même j'étais hantée, à divers degrés. Mon démon, c'était ce vide qui me bouffait de l'intérieur, qui avait englouti mon passé et qui me privait d'avenir. Je n'avais pas d'autre choix que de vivre au présent, sans rien attendre de la vie. Voilà bien longtemps que j'avais cessé de vivre, je ne faisais plus que survivre, supportant chaque foutue journée qui passe en serrant les dents. La jeune femme dont je gardais la fille aujourd'hui était très nettement au dessus, elle faisait partie de ces personnes qui réussissaient. J'aurais pu être envieuse, jalouser ces personnes dont la vie semblait si parfaite, mais j'avais suffisamment à faire avec mes propres problèmes pour seulement me soucier de ceux des autres. La première fois que j'ai eu affaire à elle, je me souvenais de m'être demandée où était le père de la gamine, avant d'éprouver un semblant de compassion. Moi aussi je savais ce que c'était d'avoir un parent absent, démissionnaire. Ma propre mère avait jeté l'éponge il y a bien longtemps et cela faisait à présent quelques temps qu'elle n'existait plus à mes yeux. Je l'avais rayée de ma vie comme on efface de sa mémoire un mauvais souvenir et en ce qui me concerne, c'était à prendre au sens littéral. J'avais tout oublié de ma vie d'avant, je n'en avais même pas quelques bribes, il ne restait plus que la colère et l'amertume. Tout prétexte était bon pour alimenter ma rage, ma rancoeur, il me suffisait simplement de me rappeler qu'elle m'avait abandonnée tant de fois.  La dernière fois remontait à quelques mois seulement. Après mon accident, elle s'était jurée d'être là pour moi, de ne plus jamais me quitter, elle avait fait des efforts, elle avait essayé, pour de vrai, mais quand on chasse le naturel, il revient inévitablement au galop. Ma mère étant ce qu'elle est, elle avait décampé à la première difficulté. Apparemment, l'amour qu'elle éprouvait soit disant pour moi n'était pas suffisamment fort pour la faire rester auprès de sa fille paralysée.

En parlant d'amour maternel, j'avais bien vu que Marcella adorait sa fille. La petite avait de la chance dans son malheur. Elle n'avait peut-être pas de père, mais sa mère l'aimait de tout son cœur et elle voulait le meilleur pour elle. Elle me rappelait mon père, à de nombreux aspects. Tiago également m'avait tout donné, il avait redoublé d'efforts pour me donner les meilleures opportunités possibles. Grâce à lui, j'ai pu m'élever socialement, quitter un milieu gangrené par la délinquance et la pauvreté et qui avait pendant longtemps nourri ma haine de l'humanité. Mon père me racontait que toute petite, je posais déjà de nombreuses questions sur les grandes injustices qui gouvernaient le monde. Ce qui m'avait frappée, me racontait-il, c'était pourquoi certaines personnes étaient très riches alors que d'autres vivaient dans la rue. En grandissant, j'ai fini par comprendre qu'il y avait réellement un problème, et qu'il y avait tellement de problèmes que j'étais en colère, mue par une rage sourde qui me donnait envie de tout détruire. Pourtant, j'avais donné une chance à cette petite, en acceptant de la garder quand sa mère partait travailler. Nouer un lien avec cette enfant était loin d'être gagné d'avance. Au début, je ne savais pas vraiment comment m'y prendre avec elle, j'avais l'impression de mal faire les choses et ça m'agaçait. Puis, j'ai eu un déclic. J'ai commencé à m'occuper de Nox comme mon propre père s'était occupé de moi. Il m'avait élevée tout seul, sans ma mère à ses côtés, il avait fait pour le mieux, selon ce qui lui semblait juste et approprié. Personne ne détenait le manuel du bon parent, on apprenait toujours sur le tas, on s'exposait au risque de faire des erreurs. Disons que certaines erreurs étaient plus pardonnables que d'autres. Je ne saurais me l'expliquer, mais je sentais qu'il y avait un lien très fort entre cette gamine et moi. Peut-être parce que quelque part, je la comprenais. Elle faisait partie de ces rares personnes qui avaient réussi à traverser mon armure pour m'atteindre droit au cœur. Bien sûr, j'étais loin de jurer qu'on serait amies pour la vie, tout simplement parce que faire de telles promesses, ce n'était pas mon genre, mais je n'avais pas envie de la laisser tomber, elle méritait d'être entourée. Un enfant ne devrait pas avoir à souffrir de l'abandon des siens, j'en avais la conviction profonde. Un coup d'oeil jeté à ma montre toute neuve m'indiqua que Marcella n'allait pas tarder à rentrer. J'étais dans la cuisine, en train de me faire un thé. Je tenais à peine debout sur mes jambes et je galérais à ouvrir la boîte de ma main gauche mais je pris le problème d'une autre façon. J'avais coincé la boîte sous mon bras et je l'avais ouverte de la seule main que j'étais encore capable d'utiliser. Je sursautai lorsque j'entendis Marcella s'adresser à moi. Je posai la boîte de thé sur le plan de travail et me tournai vers la jeune femme.

« Ce n'est pas grave. » dis-je d'un ton neutre, sans exprimer la moindre émotion particulière. « Je suis allée la coucher il y a une demi-heure, je crois. Et j'étais en train de me préparer un thé. » Silence. « Tu en veux ? »

Peut-être que nous pourrions discuter dans le salon avec une bonne tasse de thé fumante. Ça me paraissait être un excellent plan, reste à savoir ce que la principale concernée en pensait.   
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DAUGHTER OF ERIS + Elle est comme l'eau qui dort, un fleuve dont on ne peut voir la profondeur. Autrefois pure et sacrée, ses eaux sont boueuses et ses crues sont destructrices. Elle accorde le pardon, mais sa justice est sans pitié. Elle n'a pas d'âge, malgré son visage de poupée, elle semble porter le poids du monde sur ses épaules, et elle a vécu littéralement plusieurs vies. L'oubli vertueux soigne les âmes en lambeaux. Elle permet la guérison de la psyché, elle est  promesse de bonheur car elle est capable de rendre leur innocence à ceux qui l'ont perdue.
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Mer 2 Nov - 17:51

it's an ordinary day.

So little time, so much to do I'd like to spend one day with you And if that day is not enough Maybe we can stay in touch But I'm not making plans for tomorrow


Marcella avait observé pendant une minute la baby-sitter à qui elle confiait sa fille. Letha avait gardé des séquelles de son accident mais la façon dont elle parvenait à surmonter ces obstacles de la vie quotidienne la rendait admirative. C’était pour ça qu’elle était restée un instant à la regarder, parce que dans la même situation, l’avocate ne savait pas si elle aurait la force de se relever de la même façon. Puis ne voulant pas avoir l’air d’une commère ou bien donner à la demoiselle l’impression d’être épiée, elle l’avait salué en lui offrant un sourire chaleureux que peu de personnes avaient le loisir de contempler sur le visage de la mère célibataire. Elle s’excusa d’ailleurs de rentrer plus tard que prévu ce qui clairement la désolait car elle aurait aimé voir sa fille et demanda aussi comment s’était passé la journée.

En revanche Xénia ne reçut qu’une expression neutre et dénuée d’émotion pour lui dire que son retard n’était pas important et que Nox n’était au lit que depuis environs une demi-heure. Au cas où cela n’avait pas été évident, Letha ajouta qu’elle se faisait un thé et après un moment de silence un peu gênant, proposa d’en faire une tasse pour l’avocate. Sans jamais se départir de son sourire qui avait pour but de détendre un minimum la jeune femme qui avait parfois ce côté très froid et détaché qui pouvait être des plus déstabilisants. « Avec plaisir, mais plutôt tisane pour moi, il faut que je colmate tout le champagne que j’ai bu. » Bien sûr cela signifiait que la jeune fille devrait galérer sur une autre boite mais cela lui faisait aussi un peu d’entrainement dans cet exercice.

Même si Ella ne l’avait évidemment pas fait exprès, elle avait sincèrement besoin de prendre quelque chose de réputé pour calmer les nerfs, pour aider à dormir. Elle était débordée de travail et même si elle avait fait attention à ne pas trop boire, elle n’avait que peu manger durant le cocktail et l’alcool rempli de bulle lui avait passablement alourdi la tête. « Je te laisse finir, je vais embrasser Nox. » Annonça-t-elle ensuite avec une expression cette fois beaucoup plus lumineuse à l’idée d’aller voir sa fille. Tant pis si cette dernière était en train de dormir, elle adorait la regarder pendant son sommeil, elle était si adorable avec ses joues rondes de bébé, son doudou serré contre son petit torse et son pouce dans sa bouche. Elle tourna donc les talons et se dirigea vers la chambre de son enfant où brillait une veilleuse qui diffusait un ciel étoilé avec les véritables constellations.

Sa fille était bien là, sa petite forme dans le lit et dormant tranquillement. Comme Xénia à son âge, elle avait les cheveux très blonds et des yeux clairs malgré les pointes de marrons près de son iris. Nox lui ressemblait énormément et c’était une chance puisqu’elle n’avait officiellement pas de père. Tout au mieux, un géniteur. Ella avait même déjà entendu qu’il s’agissait purement et simplement d’un donneur à la banque de sperme. Cela pouvait expliquer qu’elle ne donne aucune identité, parce que même elle l’ignorait. Mais c’était loin de la vérité. Elle savait parfaitement qui était le père de sa fille et elle savait aussi très bien pourquoi elle refusait de dire qui il était. Mais un jour Nox poserait la question et l’avocate avait beau être une personne qui n’avait honte d’aucun de ses actes, elle ignorait encore ce qu’elle pourrait bien lui répondre.

Heureusement, la petite fille se contentait pour le moment de n’avoir qu’une maman et une sorte de papa en la personne d’Alexandre. Du haut de ses 5 ans, elle était déjà très intelligente et maline ce qui l’impressionnait et l’émerveillait tous les jours que les dieux faisaient. Doucement, la demoiselle se glissa près du lit et s’agenouilla pour être au niveau de sa fille et lui poser un tendre baiser sur le front après avoir balayé ses boucles d’or. Nox bougea légèrement et ouvrit ses petits yeux ensommeillés. Elle lui offrit un sourire qui portait lui aussi les traces du passage de Morphée mais tellement adorable alors que son pouce n’avait pas quitter sa bouche. « Rendors-toi mon ange. » Souffla doucement Marcella en replaçant la couverture sur le corps de son enfant. « ‘Nuit mommy… » Lui répondit Nox en mélangeant les langues que sa mère mettait un point d’honneur à lui apprendre dès à présent.

Elle lui souhaita bonne nuit à son tour et lui refit un bisou avant de la laisser dormir pour de bon cette fois. Elle la reverrait au moment de son réveil et une partie de son petit déjeuner avant de devoir filer au tribunal. Même si ce n’était que pour quelques minutes, Ella ne pourrait jamais partir bosser ou faire sa journée sans voir sa fille. Il s’agissait de la prunelle de ses yeux, de la personne qui comptait le plus pour elle sur terre et elle serait capable de donner sa vie pour cette enfant. Dès la seconde où ses yeux s’étaient posés sur le test de grossesse positif, Xénia avait aimé sa fille et avait su qu’elle ferait tout pour la rendre heureuse et pour ne jamais l’abandonné, même quand ses illusions s’étaient brisées et qu’elle avait dû prendre la décision de l’élever seule.

Ni l’abandon de ses grands-parents, ni le fait qu’elle dusse continuer ses études ne l’avait fait reculé. Elle aimait déjà ce petit être qui grandissait en elle de tout son cœur, et c’était encore vrai aujourd’hui. D’ailleurs, ce dernier soulagé, d’avoir enfin pu passer un moment avec sa fille, Ella retourna à la cuisine pour retrouver Letha et l’aida à finir si besoin était. « Alors comment s’est passé ta journée ? » Demanda-t-elle gentiment à son attention et elle entendait bien parler de la journée de la jeune femme. Bien sûr cela aurait un rapport avec Nox à un moment ou à un autre mais elle tenait à s’intéresser à la vie de sa baby-sitter en tant que personne et non pas seulement en tant que celle qui gardait Nox lorsqu’elle ne pouvait pas le faire elle-même.
 
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Dernière édition par X. Marcella Olympiakís le Jeu 17 Nov - 9:13, édité 1 fois
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Mer 9 Nov - 17:35
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Letha & Marcella
Oh, simple thing, where have you gone? I'm getting old, and I need something to rely on. So tell me when you're gonna let me in, I'm getting tired, and I need somewhere to begin.

J'étais debout dans la cuisine, en train de galérer avec la boîte à thé. Mes doigts raides n'arrivaient pas à attraper le couvercle en carton mais je m'acharnais. Cela me prendra plus de temps que les autres mais je finirai par y arriver, sans aide. De toute façon, ma fierté m'empêchait de demander de l'aide à qui que ce soit. J'avais appris à me débrouiller seule, à survivre, tout d'abord sans ma mère, puis avec un handicap physique. Après mon accident, j'avais appris à m'adapter. Autant dire que j'en ai chié, mais j'étais toujours debout. J'avais la peau dure, les coups du sorts rebondissaient sur ma cuirasse à triple blindage. Je n'étais pas invincible, mais je refusais de me considérer comme faible. J'exprimais rarement mes émotions, je n'étais pas vraiment une personne chaleureuse et toutes les tentatives d'autrui pour me dérider n'y changeait rien : je gardais toujours cette distance qui m'était propre, comme si j'étais étrangère à ma propre vie. Je peinais à répondre aux sourires qu'on me lançait, je n'arrivais pas à briser la glace. J'étais retranchée derrière le mur de mes pensées, indéchiffrable. Pourtant, je n'avais pas montré à Nox le même visage. Je considérais que je m'en occupais bien, au vu des mes difficultés et de mon vécu. Ce n'était pas gagné d'avance, d'autant plus que je n'étais pas très familière avec les enfants. J'apprenais sur le tas, faisant ce qui me paraissait le mieux. Perdue dans mes pensées, trop occupée à m'acharner avec ma boîte à thé, je n'avais écouté que d'une oreille ce qu'elle avait à dire. Je compris juste qu'elle voulait une tisane et qu'elle avait bu trop de champagne. Ah, ça...cela ne m'étonnait pas vraiment, les mondanités étaient toujours arrosées d'alcools super onéreux, parce qu'il fallait bien accueillir les invités de marque. Ce n'était pas vraiment mon monde, j'étais issue des quartiers pauvres d'Athènes, j'étais supposée survivre et crever dans mon trou, mais le destin en avait décidé autrement. Petit à petit, j'avais gravi les échelons, je m'étais fait un nom dans mon domaine de prédilection : le sport. J'avais été une athlète, une championne, j'étais parfois invitée à des galas, à des événements officiels. J'ai eu également l'occasion de voyager aux quatre coins du monde pour participer à des concours, mais je ne me souvenais plus de tout cela, ma mémoire défaillante avait tout effacé.

Je vis l'avocate s'éloigner pour aller voir sa fille. Je me retrouvai seule dans la cuisine. Tout en soupirant, je posai la boîte à thé sur le plan de travail et pris une tisane à la camomille dans le placard. Je mis moins de temps pour ouvrir la boîte, j'en sortis un sachet à infusion et le mis dans une tasse. Puis, je mis un sachet de thé dans ma propre tasse. Je mis un peu d'eau dans la bouilloire et j'attendis qu'elle chauffe. Lorsque l'eau se mit à bouillir, je les versai dans les tasses. Le temps que les sachets infusent, Marcella revint dans la cuisine. J'avais mis deux morceaux de sucre dans mon thé et j'étais en train de le touiller à l'aide d'une cuillère. Je prenais mon café bien noir et bien serré, mais je prenais mon thé bien trop sucré. Personne n'irait boire cette horreur mais tant mieux, parce que ça en fera plus pour moi. Je poussai la tasse de Marcella vers elle, pour prendre la mienne entre mes mains. Puis, la question tomba. La question qui tue, si j'ose dire. Comment s'est passée ma journée ? Je ne savais jamais comment répondre à cette question, probablement parce que ma vie ne me semblait pas suffisamment intéressante pour que j'épilogue dessus en long, en large et en travers. Je n'aimais pas beaucoup parler de moi, me dévoiler, j'avais une certaine forme de pudeur, de réserve qui me poussait à rester en retrait. Qu'avais-je fait de ma journée ? Je me mordillai la lèvre inférieure.

« Je suis allée en cours. » répondis-je finalement, après un long silence. « J'avais un cours d'histoire byzantine, de latin littéraire et d'histoire de l'art. J'avais des heures de creux entre chaque, alors, j'ai travaillé à la bibliothèque. J'ai essayé d'avancer au maximum sur une dissertation. »

J'avais dit tout cela sans ciller, sans baisser le regard. Personne n'avait jamais compris ma lubie pour l'histoire, mais cela faisait deux ans que j'avais commencé ce cursus universitaire. Tout du moins, j'avais démarré il y a peu ma deuxième année.

« Je n'ai pas réussi à finir. » continuai-je en la toisant avec aplomb. « J'avançais à deux à l'heure, parce que j'ai du mal à écrire. Je ne suis pas droitière, à l'origine. J'ai dû réapprendre à écrire de la main droite. » Pause. « Paralysie partielle. » ajoutai-je, sans transition. « Paralysie partielle du côté gauche. Je peux encore faire certains mouvements, mais pour d'autres qui nécessitent plus de précision, c'est compliqué. »

Il était inutile de préciser que ça avait mis fin à ma carrière de sportive de haut niveau. Je n'avais pas besoin de le dire de façon très explicite. Si elle me posait la question, je lui répondrai. En attendant, je portai la tasse à mes lèvres pour boire une gorgée de thé. La boisson était encore très chaude, aussi me brûlai-je légèrement la langue au passage.

« ça ne doit pas être facile tous les jours, d'avoir un parent absent » dis-je enfin, avant de poser ma tasse à côté de moi pour croiser mes bras sur ma poitrine. « Elle a de la chance de t'avoir. »

Je ne savais que trop bien ce que c'était, d'avoir un parent absent. J'avais à peu près le même âge que Nox quand ma propre mère m'a abandonnée. Pour l'instant, Nox ne posait pas trop de questions, mais un jour, elle voudra savoir pourquoi son père n'est pas dans sa vie, pourquoi il n'a jamais voulu d'elle. Je me demandais parfois pourquoi  ma mère était partie, pourquoi elle m'avait laissée. Je n'avais jamais cherché à comprendre, je m'étais uniquement focalisée sur ma colère, sur le ressentiment que j'avais nourri envers elle, parce que ça avait été la seule façon d'étouffer la douleur, de ne plus avoir mal.   
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Jeu 17 Nov - 18:37

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Marcella venait d'aller embrasser sa fille pour lui souhaiter bonne nuit et revenait à la cuisine pour retrouver sa baby-sitter. Cette dernière avait eu le temps de préparer les deux tasses de thé et en poussa une vers sa personne que l'avocate saisie tout en demandant à la jeune femme comment s'était passé sa journée. C'était pour elle la moindre des choses que de s'enquérir de la vie de Letha. De un parce que cela l'intéressait véritablement, sinon même pas politesse, Ella n'aurait jamais posé la question, et de deux parce qu'elle aimait savoir à qui elle confiait son enfant et cela passait forcément par une petite incursion dans la vie privée de l'étudiante. Ce qu'il s'y passait pouvait influer sur sa façon de s'occuper de Nox, il lui semblait donc normal de savoir. Et du reste elle s'inquiétait véritablement du bien être de la belle demoiselle.

Cette dernière avait déjà dû faire face à de nombreuses épreuves malgré son jeune âge et elle se débrouillait au maximum seule malgré son handicape. C'était toujours à faire le genre de modèle que Xénia voulait pour sa fille. Pour lui montrer que les femmes étaient des êtres forts, capable de surmonter l'adversité et de tracer leur propre chemin, pour lui montrer qu'il fallait toujours se relever après une chute et puis aussi pour lui apprendre à être gentille avec les gens qui pouvaient présenter des difficultés et les respecter. Ce dernier point était bien le minimum pour être une personne civilisée. Mais sa fille ne manquait de toute façon pas de gentillesse à l'égard de qui que ce soit. Un miracle quand on savait que Marcella n'était certainement pas décrite par ses semblables comme telle. Elle ne faisait pourtant pas de mal sciemment, ce n'était pas sa faute si cela arrivait lorsqu'elle poussait les gens sur les chemins d'épine, se disait-elle souvent avec amusement.

Toutefois, écoutant Letha lui décrire sa journée de cours, Ella attrapa un morceau de sucre et une cuillère. Elle hocha lentement la tête, trouvant la jeune fille très studieuse et appliquée même lorsqu'elle déclara ne pas avoir eu le temps de finir. Personne ne pouvait l'en blâmer et certainement pas l'avocate. Elle n'avait jamais eu à beaucoup travailler, car elle avait un certain don pour comprendre et même en application, mais elle savait tout de même se donner à fond et se dépasser pour ne pas être dans la moyenne mais bien au dessus. Mais même si cela n'avait pas été le cas, il fallait reconnaître que de changer de main directrice à 22 ans, ne devait pas être une mince affaire. En tout cas, l'ancienne athlète avait choisi un parcours scolaire qui devait être des plus intéressants, l'histoire regorgeait de tellement de détails encore plus spectaculaires que ce qui pouvait se trouver dans les fictions.

« Je vois... » Déclara-t-elle un brin pensive en se faisant une note mentale de se renseigner un peu plus sur cet accident pour voir si il y avait quelque chose à faire pour Letha. Puis voyant cette dernière reposer rapidement sa tasse, elle en déduisit que c'était encore trop chaud pour le boire et se contenta de garder la porcelaine dans ses mains pour les réchauffer, adorant cette sensation. Ella fut surprise par le changement de conversation soudain et surtout par le thème choisi. Elle ne pu empêcher un sourire tendre de fleurir sur ses lèvres à la simple idée de sa fille. Elle était touchée que l'on remarque son amour pour son enfant alors qu'elle était seule pour l'élever. « Tu es gentille mais finalement ce n'est pas si dur de s'occuper d'une enfant comme Nox en étant seule. C'est un véritable petit ange. »

Prenant une gorgée timide de tisane, l'avocate marqua une petite pause avant de reprendre. « Mais je pense que je ne pouvais pas faire pire que mes propres parents. Je me suis juré de faire tout le contraire de ce que eux ont faire pour moi, il faut croire que du coup ils étaient vraiment mauvais. » Il y avait une pointe d'amertume dans sa voix. Sa mère l'avait abandonnée pour des raisons qui lui échappaient, et encore plus depuis qu'elle était mère elle-même, car comment pouvait-on vivre loin de sa chair et de son sang ?! Et elle avait été profondément blessé lorsqu'elle avait appris, qu'en plus cette femme avait eu d'autres enfants. Quant à son père, lui à part tirer son coup et gagner de l'argent, il n'y avait pas grand chose qui l'intéressait et il n'avait pas non plus hésiter à l'exiler et à couper les ponts avec elle sans plus jamais chercher à la joindre.

Certes Marcelle n'avait jamais rien fait dans ce sens non plus mais sa famille ne méritait pas autant d'effort de sa part. Même ses grands-parents avaient préféré la chasser, la mettre à la rue alors qu'elle était enceinte, plutôt que de l'aimer comme la famille est normalement sensée le faire. En faisant l'inverse de tout cela, elle ne pouvait être qu'une bonne mère. Au du moins une mère classique, c'était pourquoi, elle aimait entendre que cela se voyait. « C'est moi qui aie de la chance de l'avoir,sans elle, ma vie serait vide de sens. » Nox lui avait apporter tant de chose et surtout tant d'amour qu'il lui était impossible de regretter sa décision de la garder et surtout d'imaginer ce que pourrait être sa vie sans elle. La blonde ne se serait jamais autant défoncée pour réussir, pour être en mesure de lui offrir le monde et plus encore.

Puis revenant sur une note qu'elle espérait plus gaie, elle ajouta avec le regard bienveillant qu'elle avait régulièrement lorsqu'elle regardait Letha, l'avocate ajouta. « Et nous sommes toutes les deux chanceuse de t'avoir ! Tu me rends vraiment service avec mon emploi du temps de fou et Nox, elle t'adore. Je pense que c'est ton caractère qui lui plaie, tu ne la traite pas comme un bébé. » Évidemment Ella se réservait ce privilège mais sa fille aimant que les adultes reconnaissent son intelligence ou ses capacités au dessus de la moyenne des autres enfants de cinq ans. Sauf quand elle montrait qu'elle en avait envie, la petite fille avait horreur d'être infantilisée. Et sa baby-sitter ne le faisait clairement pas.
 
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Lun 21 Nov - 17:23
It's an ordinary day
Letha & Marcella
Oh, simple thing, where have you gone? I'm getting old, and I need something to rely on. So tell me when you're gonna let me in, I'm getting tired, and I need somewhere to begin.

J'avais raconté ma journée sans conviction, d'un ton égal, comme si ça n'avait aucune importance. Je n'étais de toute façon pas le genre de personne qui s'extasiait devant tout et n'importe quoi, j'étais relativement indifférente à tout. Mes études étaient intéressantes mais elles ne me passionnaient pas, je faisais les choses par automatisme, parce qu'il n'y avait pas d'autre façon de faire. Je ne connaissais aucune autre façon de faire, là était toute la nuance. J'étais du genre concentrée, à ne pas me laisser distraire par une quelconque passion. J'avais tendance à éliminer de ma vie tout ce qui pourrait passer pour une distraction. L'amour, l'amitié, les liens affectifs en général n'avait pas leur place dans ma vie bien rangée. Pourtant, je n'étais pas non plus du genre à m'enliser dans un quotidien métro-boulot-dodo, j'accumulais les petits boulots dont certains étaient dangereux, à la limite de l'illégalité mais je m'en foutais, tant que ça pouvait me rapporter un peu d'argent, je ne faisais pas la fine bouche. Mon propre père n'en avait jamais rien su, bien qu'il m'eut élevée depuis mon plus jeune âge. J'avais un talent indéniable pour la dissimulation. Je ne montrais rien, aucune émotion qui soit susceptible de me trahir. J'avais l'air de faire la gueule même quand j'étais heureuse, parce que le sourire était en option. Je restais sérieuse en toutes circonstances, concentrée, observatrice. Aucun détail n'échappait à ma vigilance. En l'occurrence, j'étais en train de scruter l'avocate, attentive à chacun de ses faits et gestes. Je n'étais pas en train de l'épier, je voulais juste savoir qui elle était. Le langage non verbal disait parfois plus de choses qu'un long discours. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours procédé ainsi pour acquérir ma connaissance du monde. Cela me donnait une expression distante, détachée de toute forme d'affect, définitivement froide et sans-âme. J'étais cette fille sans histoire, au sens littéral du terme. Mon passé s'était définitivement envolé, je n'avais rien à raconter aux gens que je rencontrais. Je pouvais toujours leur exposer ce que je savais, mais il ne s'agissait de rien d'autre que des faits, rien que des faits. Un fait était une information purement objective, qui ne dépendait ni de l'opinion, ni du ressenti. Voilà à quoi ressemblait ma vie, à la façon dont je me la représentais : ce n'était qu'un enchevêtrement de faits, rien de plus.

Pourtant, quand je leur confiais quelques anecdotes, la plupart des gens savaient s'en contenter. Ils opinaient du chef, ne posaient pas davantage de question. Ce n'était pas comme s'ils essayaient de vraiment s'intéresser, de toute façon. Les trois quarts du temps, les gens demandaient ça va sans écouter la réponse, ils le faisaient par politesse, parce que c'était comme ça. Dans le fond, ils se fichaient bien de savoir si la vie nous souriait, ou si nous étions dans un mauvais jour. Alors je répondais du bout des lèvres, sans emphase. La réponse de l'avocate n'était guère plus enthousiaste, elle s'était fendue d'un simple je vois. Le chapitre était donc clos. J'avais de toute façon embrayé sur un tout autre sujet, je venais de saluer la façon dont Marcella s'occupait de sa fille malgré qu'elle soit seule. Comme quoi on n'avait pas toujours besoin d'un homme pour s'en sortir. J'arquai un sourcil lorsqu'elle parla de ses propres parents. J'écoutais avec une attention accrue. Elle non plus n'avait pas eu le bon exemple à la maison. Elle aussi faisait selon ce qui lui paraissait le mieux, comme mon père l'avait fait avec moi. Comme je le transmettais à Nox, même si je ne la gardais que quelques heures par semaine. Faute de modèle, nous avions dû faire pour le mieux. Ce n'était pas un exercice facile, moi-même j'avais une certaine conception de ce qui était juste ou équitable. Même ces deux notions ne pouvaient être utilisées comme synonymes. Ce qui était juste n'était pas forcément équitable et vice-versa. Je savais qu'il fallait donner plus de possibilités aux personnes qui étaient les plus lésées pour leur permettre de s'élever et d'arriver au même niveau que les autres, ce qui n'aurait pas été possible si on donnait strictement la même chose à tout le monde. C'était ce que mon père avait fait en se sacrifiant pour moi, il avait mis de côté sa propre existence pour se consacrer à la mienne. Tout cela, je le savais, je l'avais compris, et je n'ai pas toujours été très reconnaissante. Comme tout le monde, j'avais eu des hauts et des bas, autant j'étais une personne calme et raisonnable, autant je pouvais être très difficile à vivre parce que je n'avais pas un caractère facile. De ce qu'il m'avait raconté, quand j'étais une adolescente en pleine crise, je lui en avais fait voir de toutes les couleurs, je n'hésitais pas à tirer sur la corde pour tester les limites, j'étais entrée dans une phase de rébellion sans précédent. Autrement dit, nos relations n'ont pas toujours été au beau fixe, même si mon père était un homme aimant et attentionné, qui avait le sens du sacrifice. Dans une certaine mesure, je comprenais donc ce qu'elle était en train d'expliquer, parce que c'était ce que je ressentais vis à vis de ma mère.

« Je me suis toujours dit que le père de mes enfants devra être aussi génial que le mien l'a été avec moi. » murmurai-je tout doucement, le regard songeur. « Autant dire que j'ai des standards très élevés. »

J'avais prononcé ces mots non sans ironie, parce qu'intérieurement, je savais très bien que la plupart des hommes ne feront jamais la moitié, ni même le quart de ce que mon père a fait pour moi. Je pense que ma naissance a changé beaucoup de choses pour mon père. En soi, avoir un enfant changeait bien des choses, mais je crois bien que moi aussi, j'ai donné un nouveau sens à sa vie. Je me perdis quelques moments dans mes pensées, me risquant à boire une gorgée de thé brûlant. Cette fois, le liquide ne me brûla pas le bout de la langue. Je ne relevai la tête que lorsqu'elle me dit qu'elles avaient de la chance de m'avoir. J'avais la confirmation que la petite m'adorait. Effectivement, je ne la traitais pas comme un bébé, parce que je ne supportais pas que l'on m'infantilise. Alors, comment pourrais-je faire subir le même traitement à d'autres ?

« Je n'ai pas vraiment eu d'enfance, tu sais. » répondis-je finalement, en dévisageant l'avocate avec franchise. « Ma mère m'a abandonnée quand j'étais toute petite, et c'est mon père qui m'a élevée. J'ai commencé ma carrière sportive très jeune, parce que je n'ai pas eu le choix. » Silence. « Nous venons d'un milieu très pauvre. Mon père est un immigré espagnol qui est venu s'installer en Grèce avec ma mère. Je n'ai jamais compris quel boulot il faisait avant, mais par contre, je savais que nous vivions sur sa seule pension d'invalidité. » Je ne savais pas pourquoi je lui racontais tout ça, mais j'avais l'impression que je devais le faire. « Puis, après ma naissance, ma mère a repris ses études. Elle est rentrée au conservatoire d'Athènes, elle est musicienne. Elle est violoncelliste. Comme elle avait plus de moyens que mon père, alors, elle nous envoyait de l'argent, tous les mois. Seulement, elle n'a jamais compris que je ne voulais pas de son fric. »

Un pli amer vint tordre mes lèvres, tandis que je me perdais dans les méandres de mon histoire. De tout cela, je n'en avais plus aucun souvenir, je ne me rappelais plus de ce que j'avais dès lors ressenti. Il n'y avait plus qu'une profonde amertume, alors que je m'éloignais de plus en plus de ma mère. Nos deux mondes étaient devenus incompatibles.

« Mon père m'a permis de m'élever, de prétendre à mieux. J'ai dû me battre pour y arriver, pour m'imposer en tant que femme dans un milieu profondément misogyne. On n'a jamais reconnu mon mérite en tant que challenger, en tant que performeuse. Je devais toujours mon mérite à quelqu'un d'autre, comme si j'étais incapable de penser, d'agir par moi-même. Mon père m'a répété que mes victoires, je ne les devais qu'à moi-même, parce que j'ai travaillé dur pour y arriver. Il ne m'a jamais traitée comme une enfant, c'est pour ça que je ne me le permets pas avec Nox. C'est quelque chose que j'essaie de lui faire comprendre. Nous vivons dans un monde d'hommes et nous devons faire deux fois plus d'efforts que les autres pour qu'on ne nous traite pas comme un paillasson. »

C'était mon côté féministe qui s'exprimait. Elle devait en savoir quelque chose, Marcella, de ce que c'était de se battre pour se faire une place, de plaider pour défendre sa cause, de s'imposer face à un public qui ne nous écoutait pas. Je voulais que Nox sache que rien n'était impossible et que le monde était à nos pieds. J'avais la niaque et c'était cette même niaque que je voulais que nous ayons toutes, pour que nous n'ayons plus jamais peur, pour que nous n'ayons plus à nous incliner, pour que nous n'ayons plus jamais honte d'être des femmes. C'était important de l'apprendre aux petites filles et ce, dès leur plus jeune âge.   
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Mer 30 Nov - 10:36

it's an ordinary day.

So little time, so much to do I'd like to spend one day with you And if that day is not enough Maybe we can stay in touch But I'm not making plans for tomorrow


Marcella aurait aimé être capable de dire quelque chose comme venait de le faire Letha sur le choix exigeant d’un père pour ses enfants. Mais son père était bien loin de l’homme idéal qu’elle souhaitait à ses côtés pour élever sa fille ou d’autres enfants qu’elle pourrait avoir. C’était lui la source de tous ses maux, lui qui avait forniqué à tout va en semant des enfants dans son sillage, dont certains, comme elle, lui étaient revenus en pleine face. Outre son nom et de l’argent, il ne lui avait rien appris, rien transmis. Et elle ne considérait pas lui devoir quoi que soit. Certes sans lui Ella ne serait pas née, mais elle n’aurait pas eu à être abandonnée par sa mère, puis son père et jeté à la porte de chez ses grands-parents. Cette pensée la peinait seulement quand elle arrivait à la fin du raisonnement qui indiquait qu’elle n’aurait donc jamais eu sa propre fille non plus.

Quant au père de la petite Nox, il n’avait rempli les critères que le temps de leur idylle. Elle avait forcé le destin pour l’avoir, pour pouvoir l’étreindre parce que dès que l’avocate avait posé les yeux sur lui, il lui avait plus. Elle avait été sous le charme et s’était pavanée comme jamais devant lui pour le charmer, lui plaire mais sans succès. Et le pire était qu’elle n’avait même pas utilisé son don, elle l’avait voulu véritablement pour elle tant il semblait être l’homme parfait. Et plus il lui résistait et plus elle le voulait. Et comme elle détestait ne pas avoir ce qu’elle désirait, Xénia avait alors eu recours à la ruse, démolissant son monde à lui pour l’accueillir dans le sien. Et le temps que leur liaison avait durée, lui semblait encore comme un songe. Le plus beau jamais vécu mais qui s’était terminée en un effroyable cauchemar.

Elle se rappelait encore la joie qu’elle avait ressentie face à ce test de grossesse positif et l’amour sans borne qui était né dans son cœur pour ce petit être qu’elle abritait désormais en son sein. Et elle se rappelait aussi parfaitement du visage du père lorsqu’elle était allée lui annoncer la bonne nouvelle avec un enthousiasme certain et le dégout qu’elle avait pu y lire. Les mots qu’il avait prononcés résonnaient encore dans sa tête parfois le soir quand elle se demandait ce qu’il était devenu. Il lui avait brisé le cœur, le seul et unique homme qu’elle avait laissé y entrer l’avait piétiné sans le moindre remords. Et c’était pour cela qu’il n’avait désormais plus d’existence dans sa vie. Elle lui avait fait croire qu’elle lui avait obéit et avait refusé en bloc de dévoiler son identité à ses proches, elle avait décidé de nier son existence, de le rayer de sa vie et elle n’avait toujours pas changé d’avis. Elle s’interrogeait simplement de plus en plus à ce qu’elle pourrait répondre à Nox, le jour où cette dernière poserait la question.

Rien que d’y penser, l’avocate pouvait sentir les sueurs froides le long de son échine. Prenant une timide gorgée de thé, elle déclara. « Il vaut mieux avoir des standards élevés, ça te permet d’être moins déçue et puis ça permets d’avoir toujours un homme digne de ce nom même si on est obligé de les revoir à la baisse. » Sa voix avait été froide et dénué de sentiments, purement dans la constatation. Cet homme n’avait pas seulement détruit ses rêves en l’abandonnant, il y avait aussi veillé à réduire à néant tout ce qui avait pu être romantique chez la demoiselle. Elle qui n’avait déjà que peu cru à l’amour jusque-là avait dès lors décrété qu’il n’existait pas, qu’il n’existait plus. et désormais elle se contentait de relation à très courte durée, de flirt et d’amusement. Elle n’avait pas la moindre envie de s’impliquer avec quelqu’un et elle n’avait pas envie d’imposer un homme à sa fille sous prétexte de vivre dans un cadre dit normal pour les conventions de leur société actuelle.

Elle était parfaitement capable de s’occuper de sa fille seule et de faire carrière en même. La preuve en était déjà faite. Puis Letha, habituellement si renfrognée et peu éloquente, la surprit en parlant de son enfance. Il y avait des choses qu’Ella savait déjà pour s’être renseignée. Parce qu’elle n’allait pas confier la prunelle de ses yeux aveuglément à une inconnue, et aussi pour son travail d’avocate qui nécessitait de découvrir ce que les clients ne disaient pour éviter que la partie adverse ne l’utilise la première lors d’une confrontation. Mais les faits pouvaient toujours paraitre différents lorsqu’ils étaient racontés. Aussi écouta-t-elle en silence et sans chercher à voir si la jeune fille lui racontait la vérité. C’était déjà bien assez rare de l’entendre se confier pour la couper dans son élan. Prenant une nouvelle gorgée de tisane et sentant déjà les bienfaits du liquide chaud, la blonde se concentra sur le récit qu’on lui faisait.

Une partie de l’histoire de Letha sembla faire miroir avec la sienne. Abandonnée par une mère égoïste qui préférait son art plutôt que son enfant. Mais la demoiselle avait eu la chance d’avoir un père qui tenait à elle, réellement et ne s’occupait pas de sa fille par obligation comme l’avait fait celui de Xénia. Cet homme avait en plus eu le culot d’imposer cette enfant illégitime à sa femme. Il méritait tout ce qu’elle lui avait fait subir, elle n’avait jamais eu aucune raison d’être reconnaissante envers cet homme qui n’avait rien d’un parent digne. Et les Dieux savaient qu’elle aurait préféré avoir un père comme celui de sa baby-sitter plutôt que l’argent du sien. Bien sûr elle n’avait jamais craché dessus, après tout sans cet argent, elle ne serait certainement pas celle qu’elle était aujourd’hui mais l’amour lui avait tant manqué durant son enfance.

Parfois, elle se disait que son besoin de pousser les autres à la faute, à l’égarement venait du fait qu’elle ne s’était jamais sentie sur la bonne route, sur les bonnes rails de sa propre vie, et il n’y avait pas de raison qu’elle soit la seule en dehors du droit chemin. Toutefois, plutôt que de se perdre dans ses réflexions, Marcella reporta son attention sur le récit de son interlocutrice et son héros de père. Un tel sens du sacrifice était impressionnant, tout comme cet engouement pour se battre seule envers et contre tout. Surmonter la moindre épreuve et n’avoir que soi à remercier pour sa réussite. Là encore, l’avocate se reconnaissait énormément, même si personne ne lui avait jamais appris à penser de la sorte, la vie l’avait poussé à ce raisonnement. Et elle était parfaitement contente d’avoir choisi Letha pour s’occuper de sa fille, d’avoir choisi une femme forte comme elle et capable de la tirer vers le haut du panier, vers l’indépendance et la fierté d’être femme.

« C’est exactement pour ce feu qui t’anime que je suis heureuse que tu t’occupes de Nox. Je veux qu’elle voit que je ne suis pas une exception, que les femmes valent autant que les hommes et surtout que nous n’avons pas besoin d’eux. » Elle prit encore une gorgée de thé avant de continuer. « En tout cas ton père peut être fier de toi, tu as un mental d’acier, digne d’une sportive de haut niveau, et je dois dire que je suis même jalouse. Tu as de la chance d’avoir un homme comme ça à tes côtés. Le mien n’a pas hésité à me mettre de côté dès qu’il a pu, ici chez mes grands-parents alors que lui vie en Italie avec sa femme et ses filles légitimes. Et même ces sales vieux, n’ont pas perdu de temps pour me mettre à la porte, tout ça parce qu’une fille-mère dans la maison faisait mauvais genre. »

Ella fut incapable de déguiser l’amertume et la haine dans sa voix concernant ces personnes qu’elle avait appris à détester toujours plus avec le temps. Enceinte et sans le sous, elle avait été obligée de s’en sortir seule et avait réussi, elle était désormais riche sans le moindre soutien de la part de quiconque, elle était une avocate brillante et reconnu dans son milieu et pourtant, aucun d’eux n’étaient revenu vers elle. Sa famille continuait d’agir comme si elle n’existait pas, comme s’ils ne la connaissaient pas. Comment pouvait-on être aussi cruel ?! Certes, Marcella n’avait jamais été une petite fille sage, reconnaissante et obéissante. Elle était un esprit sauvage et rebelle, pour autant elle s’était pliée à nombre de leurs exigences pour leur plaire, pour mériter leur amour et elle n’avait eu que du mépris et de l’indifférence en retour.

Alors oui, elle leur avait dévoilé ses pires côtés, ses plus monstrueux instinct pour les punir, et elle pensait toujours qu’ils le méritaient amplement. Car comment pouvait-on renier ainsi son enfant ? Son sang ? Quel genre de monstre fallait-il être pour avoir la capacité de vivre comme si de rien était alors même que le fruit de sa chair vivait quelques rues plus loin comment si de rien n’était. « Enfin voilà, tout ça pour dire que je suis très contente que tu t’occupes de ma fille et je tenais à te dire qu’elle t’apprécie énormément elle aussi. » Déclara-t-elle enfin avec une voix radoucie et un petit sourire pour faire baisser la pression de cette discussion pour le moins intense.
 
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Sam 3 Déc - 15:21
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Oui, c'était important d'avoir des standards élevés, d'être intransigeante. C'était encore le seul moyen de contrôler la situation, de ne s'attendre à rien pour ne pas être déçue. Je ne voulais pas prendre le risque de laisser une autre personne me briser le cœur, ça me paraissait légitime. Les gens n'étaient plus capables d'être fidèles, de respecter leurs promesses. Leur parole ne valait rien. Je ne voulais plus me contenter de paroles en l'air, je voulais des actes, des preuves concrètes, je voulais qu'ils agissent plutôt que parler dans le vent. Brasser de l'air n'avait jamais fait avancer les choses. J'en étais convaincue, l'amour, ce n'était pas pour moi. La personne capable de me détenir  corps et âme n'existait pas et c'était mieux comme ça. Pourtant, j'allais devoir faire des concessions à un moment ou à un autre. Je n'excluais pas l'éventualité d'avoir des enfants un jour. Dans le fond, une famille, une vraie famille, aimante, soudée et unie, c'était ce que j'avais toujours voulu. Ma famille à moi était dysfonctionnelle, elle était composée de gens qui ne s'aimaient pas forcément mais qui étaient obligés de cohabiter ensemble. D'autres personnes étaient venues s'ajouter au fil du temps et y avaient trouvé leur place. Maintenant, il n'y avait plus qu'Opale, et mon père. Mon regard se posa à nouveau sur l'avocate lorsqu'elle parla de ce feu qui m'animait. C'était étrange qu'elle en parle car j'étais morte de l'intérieur, ça devait être une question de perspective. Elle avait sans doute une grille de lecture différente de la mienne. Je me mordillai la lèvre inférieure, perplexe. Dans quelle mesure pouvions-nous être lucides sur ce que nous étions, qui nous étions ? Peut-être qu'au final l'auto-portrait que je dépeignais était bien différent que ce que les autres percevaient de moi. J'acquiesçai doucement lorsqu'elle affirma que les femmes valaient autant que les hommes et que nous pouvions nous en sortir sans eux. À dire vrai j'étais plutôt contente qu'elle pense la même chose que moi. Il est vrai qu'en dehors de Meddie et des Gorgones, je connaissais peu de femmes qui tenaient de tels discours, j'en venais même à penser que je voyais le mal partout, que j'étais beaucoup trop intransigeante et si je ne lâchais pas bientôt du lest, je finirai sans doute seule avec mes chats...même si soit dit en passant, mieux valait être seul que mal accompagné. Mes lèvres s'étirèrent finalement en l'ombre d'un sourire lorsqu'elle complimenta mon mental d'acier et m'avoua en être presque jalouse. Puis, une confession en entraînant une autre, elle me parla de son père, de l'Italie et de ses grands-parents. J'avais moi-même très peu de contact avec les miens, ceux du côté de ma mère ne voulaient plus tellement entendre parler de moi et ceux du côté de mon père vivaient en Espagne, et eux-mêmes étaient des enfants d'immigrés. Mes origines étaient somme toute beaucoup plus floues de ce côté là de mon arbre généalogique. Quoiqu'il en soit, l'Italie n'était pas le plus important dans son discours. Elle disait que ses grands-parents l'avaient foutue dehors parce qu'une fille-mère dans la maison faisait mauvais genre. C'était sans doute ce qui serait arrivé à ma mère si Tiago ne l'avait pas épousée pour éviter un scandale. Le mariage de mes parents avait été le seul moyen de les apaiser même si cette histoire a duré cinq ans à tout casser.

« Je suis désolée d'apprendre que tu as été expulsée de chez toi. » Ma voix s'était élevée dans un murmure, tandis que je sentais le malaise s'emparer de moi. « Mais tu t'es bien rattrapée ensuite, pas vrai ? Peut-être qu'en fin de compte le plus important ce n'est pas d'où on vient mais où on va. Je veux dire...ça fait deux ans que je cours après mon passé, que j'essaie de me rappeler de la personne que j'étais avant tout ça, mais je ne me souviens pas, j'ai tout oublié. Si je ne me souviens plus, c'est pour une bonne raison, n'est-ce pas ? Beaucoup de personnes me disent que c'est une chance parce que j'ai l'occasion de tout recommencer de zéro, de prendre un nouveau départ. Or, je n'ai jamais eu autant l'impression de stagner que maintenant. »

Je me sentais impuissante, inutile, au pied du pur, prise dans piège duquel je ne savais pas comment sortir. Je me trouvais dans une impasse, incapable d'avancer, de passer à autre chose malgré mon mental d'acier. Une faiblesse qui n'avait rien à faire là, qui n'avait pas lieu d'être. En réalité, tout ce vide m'effrayait. Le vide du passé, le vide de l'avenir. J'avais encore de nombreuses années devant moi et je pouvais choisir de les passer dans l'ombre ou dans la lumière. Tous ces choix, toutes ces possibilités, tout ça me déroutait et me faisait paniquer parce que je ne pouvais rien contrôler. J'avais encore besoin de trouver ma voie, de découvrir tout mon potentiel. Mon regard s'était considérablement assombri tant la tâche me paraissait immense. Je restai renfrognée jusqu'à ce que Marcella réitéra sa satisfaction quant au fait que je m'occupais de sa fille.

« Et moi je suis très contente de m'occuper d'elle. » répondis-je doucement, en tripotant nerveusement ma tasse – il fallait toujours que je touche quelque chose quand j'étais mal à l'aise, généralement ce qui se trouvait à ma portée. « J'avais le même âge que Nox quand ma mère nous a laissés. » Sous entendu : mon père et moi. « Je sais que je faisais  pas mal de terreurs nocturnes quand j'étais petite, que j'avais peur du noir et des monstres cachés sous le lit. Avant, c'était elle qui vérifiait que les monstres n'étaient pas là, puis elle a arrêté de le faire. Enfin, je ne sais même pas pourquoi je te raconte tout ça, c'est absurde. »

C'était ironique quand on y pense, puisque contrairement à ma mère qui était en pleine lumière, j'étais une ombre parmi les ombres. L'obscurité était mon élément, pourtant, j'en avais peur, tout comme j'avais peur de la solitude. Des peurs qui somme toute étaient irrationnelles mais aucune peur n'est rationnelle, pas vrai ? J'avais fini par me convaincre que ces légendes avaient un fond de vérité, parce que les monstres, ce sont les autres et ils pullulent dans les rues de la ville. Je me tus alors, perdue dans mes sombres pensées, l'air absent.   
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