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 we don't talk anymore like we used to do ❁ penelope

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Dim 31 Juil - 19:19






We don't talk anymore like we used to do


« Des feuilles ? » J'arquais un sourcil en regardant l'un des créateurs de la ligne masculine de vêtements pour cet automne. Il secoua la tête avant de m'expliquer combien ce choix serait judicieux : une collection toute en nuances brune et taupes, aux pièces imprimées de motifs rappelant la végétation environnante, ancrés dans une teinte corbeau sûr de nombreux modèles. J'esquissais un sourire moqueur, à croire que c'était ce genre d'incapable que j'avais décidé d'embaucher… d'ailleurs, quel était son nom déjà ? « En automne… Renversant. Est-ce que quelqu'un dans cette pièce as-il travaillé où vais-je devoir tout faire moi-même ? » Je me levais de même que la jeune femme qui était assise derrière moi, en retrait par rapport au reste de la réunion. Designers, accessoiristes, cordonniers, couturiers, publicitaires, tous les directeurs de départements réunis et il n'y en avait pas un qui était capable de proposer une idée qui changeait de l'ordinaire. J'étais dépitée. « La collection charnière vient d'être installée, les ventes en ligne implosent, notre entrepôt peine à honorer les livraisons, et vous, pendant ce temps-là, vous vous tournez les pouces, dessinant un ramassis de feuilles démodées et balayant des idées déjà sur-distribuées… Faites ce pour quoi vous êtes payés, inventez et imposez les tendances, ou trouvez-vous un autre travail. » Je tournais les talons, franchissant une porte que mon assistante m'avait déjà ouverte, laissant cette dernière ramasser mes affaires tandis que je regagnais mon bureau.

Treize heures sonnait, penché sur les tendances de la nouvelle saison, j'observais de temps à autre le ballet incessant de ceux qui faisaient et défaisaient la mode, selon mes ordres. Quelques-uns étaient revenus me voir, avec des nouvelles idées, beaucoup plus cohérentes, beaucoup plus innovantes, d'autres avaient préféré rester dans leur coin à ruminer ma mauvaise humeur. J'avais acquis une main de fer au fur et à mesure des années, être rédactrice pour un grand magasine de mode m'avait forgé et j'avais réussi à me faire un nom dans le monde de la mode… Cet univers si particulier que je connaissais très bien, sous de nombreux aspects et dont les règles étaient toujours plus strictes, plus sévères et plus cruelles. Si de front il fallait mener, c'était bien ici, au milieu des hypocrites et des envieux qui désiraient ardemment votre place, mais la vérité qu'il y avait très peu de personnes qui étaient capables de faire ce que je faisais… Nombre des noms qui me venaient en tête n'auraient apporté que la ruine et la honte sur ma maison, sur mon nom, mon entreprise, car quoi que l'on dise aujourd'hui, j'étais associé à la réussite de mon groupe. « Roxana ? » Mon assistante venait d'entrer, tablette en main. « Votre sœur Cléopâtre à un empêchement, elle ne pourra pas venir pour votre déjeuner… Quant à Colombe, sa répétition va prendre plus de temps que prévu, elle aura du retard. Votre cousine en revanche est en bas et attend pour monter, que dois-je lui dire ? » Je soupirai. Penelope et moi, c'était devenu compliqué, je ne me souvenais plus réellement pourquoi… Mais un certain malaise s'installait quand nous étions toutes les deux seules. Trop tard pour reculer maintenant. C'était tout de même la famille, je n'allais pas esquiver sous prétexte d'une querelle d'enfant… Je valais mieux que ça. « Envoyez un message à mes soeurs, dites leur que je les appellerai ce soir, et annulez mon rendez de quatorze heures. Faites monter ma cousine. »
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« This torture and not mercy. Heaven is here, where Aphrodite lives, and every cat and dog and little mouse, every unworthy thing, live here in heaven and may look on her. They may seize on the white wonder of dear Venus’s hand and steal immortal blessing from her lips, who even in pure and vestal modesty, still blush, as thinking their own kisses sin. » GUERLAIN


Dernière édition par R. Rose Lampros le Dim 9 Oct - 18:49, édité 1 fois
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Mar 9 Aoû - 19:48
Un dîner de famille? Pourquoi pas, après tout. Cela fait longtemps que je ne les ai pas vus. Aussi me suis-je empressée de répondre présente quand Cléo a lancé l'invitation. La grande idée, c'est de réunir tout le monde le temps d'un repas. Comme nous sommes tous accaparés par nos vies respectives, trouver un créneau horaire qui convienne à tout le monde n'est guère aisé. Il n'est pas loin de treize heures lorsque j'interromps enfin les ajustements que j'étais en train de faire en vue de la soirée dont le coup d'envoi devrait être donné à la tombée de la nuit. Je finis par ôter le casque et par soupirer longuement. J'ai beau adorer ma famille, j'ai toujours cette angoisse soude qui me noue les entrailles à chaque fois que l'on doit se réunir. Deux ans.... Cela fait deux ans que j'ai quitté Delphes, laissant derrière moi un passé que je m'acharne à oublier. C'est encore une fois grâce au clan Lampros que je peux me balader dans les rues d'Athènes sans être pour autant abordée par des journalistes ou tout autre amateur d'histoires sordides. J'imagine déjà les gros titres si l'info vient à filtrer: la célèbre DJ Penelope Lampros impliquée dans le meurtre de son petit-ami. L'histoire a de quoi faire frétiller les curiosités les plus morbides. Or, personne n'en sait rien, c'est un secret bien gardé. Mes parents se sont arrangés pour laver mon nom et étouffer l'affaire. Tout ce qu'il y a à savoir, c'est que j'ai été victime d'une agression et que j'ai frôlé la mort. Les autres n'ont pas besoin de savoir que j'étais accro aux jeux d'argent et que je traînais dans des endroits mal famés, en plus d'avoir des fréquentations plus que douteuses. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, je ne suis pas qu'une gosse de riches qui ne fréquente que des gens issus du même milieu social. En tant que disc-jockey j'anime toutes sortes de soirées, il est donc logique que je vois défiler plein de personnes différentes.

Je consulte ma montre. J'ai le temps de m'allumer une cigarette avant de rejoindre mes cousines. Cette pause est méritée. Cela fait plusieurs heures que je travaille sans discontinuer. N'allez pas croire que mon boulot est tranquille. Certes, je fais la fête presque tous les soirs mais il y a beaucoup de préparation en amont. J'ai un don inné pour mettre l'ambiance, il est vrai, mais cela ne me dispense pas d'être rigoureuse sur l'organisation. C'est d'ailleurs pour ces qualités que de plus en plus de gens, plus ou moins hauts placés me sollicitent pour animer leurs événements. C'est un service que je leur rends et ils n'hésitent pas à me payer grassement pour cela. Je me dois donc de fournir une prestation à la hauteur de leurs attentes. Ce soir, je dois me rendre chez un riche dignitaire d'Athènes dont le fils adoré vient de fêter ses dix-huit ans. Le fiston étant un fêtard invétéré, il a invité à sa soirée des centaines de personnes pour célébrer l'événement en grandes pompes. Il m'arrive parfois de recevoir des demandes plutôt incongrues, voire même franchement bizarres mais tant qu'on me paye je ne refuse aucun job, qui plus est, je ne suis pas en position d'émettre un quelconque jugement sur les lubies de mes clients. Je pourrais être bien plus élitiste car mon nom et ma renommée me le permettaient. Je pourrais choisir d'animer qu'un seul type de soirée, poser des critères plus ou moins stricts. Seulement, j'avais à coeur de faire en sorte qu'aucune soirée se suive et se ressemble. Une soirée qui un lieu dans un entrepôt n'est à clé le loc jamais identique à un festival de plein air ou encore à un mariage. Tout à me laisser aller à mes pensées, j'ai fermé al où était stocké mon précieux matériel. Déjà, je pense à ce que je ferai après le déjeuner. À quatorze heures, j'ai rendez-vous avec le jeune homme dont l'anniversaire sera célébré ce soir afin de régler avec lui les derniers détails. En atendant, je dois me rendre à ce fameux déjeuner et j'ai le stress qui augmente d'un cran quand je m'approche de l'immeuble où Rose travaille. Il faut dire que nos relations ne sont pas au beau fixe et j'appréhende de me retrouver dans la même pièce qu'elle, d'autant plus que je ne garantis pas de pouvoir retenir quelques propos acerbes à son encontre.  

Je suis accueillie par son assistante. Une boule vient obstruer ma gorge tandis que je réalise que je suis seule. Suis-je en retard ou alors un peu trop en avance? Je n'ose pas lui dire que je préfère attendre les autres ici. Anxieuse, je vois l'assistante s'éloigner, sans doute pour parler à sa patronne à l'abri des oreilles indiscrètes. Puis, elle me fait signe de venir lorsqu'elle revient. Mes doigts se crispent sur la lanière de mon sac. Je prends mon courage à deux mains et je finis par entrer. Mes tripes se tordent lorsque je me rends compte que Rose est seule et qu'elle ne semble pas attendre quelqu'un d'autre. Mes prunelles vertes se voilent instantanément. Je suis mal à l'aise et ça se voit.

« Rose. » je salue, glaciale comme jamais. « Tu m'en vois navrée, je n'ai rien apporté. J'espère que tu ne m'en tiendras pas rigueur. »

L'allusion est limpide. Je fais directement référence à ce cadeau que j'avais passé des heures à choisir. Heureuse de pouvoir lui faire plaisir, je lui ai offert et ce fut la douche froide. Elle n'avait pas aimé, elle me l'avait fait savoir et je lui vouais une rancune tenace depuis ce jour. Je lui adresse un sourire crispé tandis que j'embrasse du regard la pièce impeccablement rangée dans laquelle elle travaille.

« Les autres arrivent bientôt ? »

Question rhétorique s'il en est, car au fond de moi je sais que je connais déjà la réponse. Je suis tentée de fuir en l'espace d'un instant, de prétexter une urgence, invoquer n'importe quelle pour pouvoir m'éclipser mais je ne peux pas, je suis figée, sur le pas de la porte, crispée de la tête aux pieds devant celle qui a pourtant été ma cousine préférée pendant longtemps.
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Mer 10 Aoû - 0:13






We don't talk anymore like we used to do


Penelope Lampros, une de mes cousines, ma cadette de trois ans, originaire de Delphes elle était arrivée en ville depuis peu… Une artiste dans l'âme, comme nous tous, habile de ses mains quand il s'agissait d'accorder rythme et sons, une véritable muse en matière de musique, inspirée et autodidacte, un modèle pour de nombreux jeunes et un but à atteindre pour tant d'autres. Elle était la réussite fulgurante, à l’image du reste de notre maison, celle que l'on envie ou que l'on hait pour sa facilité d'acquisition. Mon oncle n'était pas entré dans les détails du retour de ma cousine, je savais uniquement que mon père s'était longuement entretenu avec lui et que les dires qui avaient été prononcés durant cette discussion, ne nous regardaient pas. Il avait été ferme. C'était assez drôle de constater que nous qui brillions tant en société, nous qui n'étions que lumière et gloire inégalée avions tant de secrets à cacher… Des mystères, des messes basses, des secrets, pour sûr que le retour de ma cousine en avait été entouré, mais je n'avais pas encore réussi à dissimuler ce qui se cachait derrière ces murmures. Je ne m'y étais pas réellement intéressé à dire vrai.

Mal à l'aise, je regarde ma cousine, ses yeux verts perturbés par des pensées qui filent dans son esprit… Je sais ce qui la traverse, car je suis prise du même manque d'entrain face à ce traquenard tendu par mes sœurs. Un différend nous avait opposés voilà plusieurs années, du moins, à ce que j'avais compris. Une remarque que j'avais dû faire et qui avait blessé l'orgueil si fragile de la toute jeune Lampros. Une histoire d'un autre temps pour moi, mais un affront que mon orgueilleuse cousine n'avait visiblement pas digéré et qui était la cause de toute cette électricité dans l'air. « Inutile, nous déjeunerons au restaurant de l'autre coter de la rue... » Je me lève, attrape mon sac à main à la volée et mes lunettes de soleil posées sur le bureau, que je pose rapidement sur l'arête de mon nez. « Cléopâtre à un empêchement, Colombe à une répétition, nous serons toutes les deux, comme au bon vieux temps... » Je souris avant de lâcher un petit rire. Je décide de faire comme si de rien n'était, comme si la gêne de ma cousine n'existait pas, comme si toute cette histoire grotesque avait été oublié, avait coulé sous les ponts. Je passe ma main sous le bras de ma cousine pour l'entraîner en direction de l'ascenseur. « Comment vas-tu depuis… Je ne rappelle plus la dernière fois où nous nous sommes vues toutes les deux, en tête à tête. » Amusée, je lui lance un regard à travers mes verres assombris. Ses boucles blondes, sa peau claire, ses yeux perçants… Une beauté grecque, une Lampros dans toute sa splendeur. « Tu n'as pas changé… Toujours presque aussi belle que moi. » Je lâche un rire déployé tandis que les portes de l'ascenseur s'ouvrent sur le hall de mon immeuble. Je libère le bras de Penelope pour m'avancer, faisant claquer mes talons hauts sur le sol de marbre.
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Ven 12 Aoû - 19:41
J'ai déjà envie de partir tant je me sens mal à l'aise en sa présence. Je ne peux m'empêcher de penser que toute cette histoire n'est qu'un immense gâchis. J'ai beau être extrêmement susceptible, je n'aime pas les conflits pour autant. C'est encore dans les atmosphères paisibles que je me sens le mieux. Il émane tellement de mauvaises ondes de cet endroit que quiconque ouvrirait la porte de ce bureau en cet instant précis serait tenté de s'enfuir en courant. Nerveuse, je triture la lanière de mon sac. Je me demande par quel concours de circonstances nous nous sommes retrouvées seules. C'est tout de même un comble, l'une comme l'autre aimons être entourées, nous sommes perpétuellement accompagnées d'une ou plusieurs personnes tant et si bien qu'il devient difficile de nous parler en privé et voilà que nous sommes coincées au même endroit, en même temps parce que tout le monde nous a laissé tomber. C'est peut-être ridicule d'en faire tout un plat, mais je me sens trahie et j'ai du mal à cacher ma déception. De toute façon, même le plus éblouissant des sourires ne parviendra pas à dissimuler le malaise qui m'a sauté à la gorge dès lors que j'ai mis le pied dans ce bureau. L'envie de m'enfuir se ressent encore, et devient presque urgente. Plus encore, je me sens pathétique et je détesta. Il faut dire que j'ai un talent prononcé pour la dramatisation, avec moi, tout devient immédiatement tragique. D'entrée de jeu, je lance les hostilités, je ne lui laisse aucun répit. Oh, ce n'est rien de méchant, c'est juste une remarque acerbe, une pique, une allusion, rien de plus. C'est le genre de phrase qui peut faire mouche tout comme elle peut tomber à l'eau sans que ça fasse la moindre différence. Elle m'annonce son intention d'aller dîner au restaurant de l'autre côté de la rue. Je me crispe davantage. J'espère qu'il ne s'agit pas d'un de ces restaurants hors de prix où une tenue chic est exigée car je ne suis absolument pas habillée de façon appropriée. J'ai été en répétition toute la matinée, je m'étais donc vêtue très confortablement afin de ne pas être gênée.

Je jette un coup d'oeil rapide à ma cousine tandis qu'elle se lève pour attraper ses affaires. Évidemment, elle est tirée à quatre épingles, très sophistiquée, j'ai presque l'air d'une souillon à côté d'elle, même je reste une Lampros et donc par extension que j'ai l'air bien plus distinguée que le commun des mortels. Je pourrais me ramener avec un débardeur et un jean rapiécé que tous les regards se tourneront quand même vers moi. Il faut dire que je ne suis pas le genre de personne qui passe inaperçue, mais quand même...si elle m'avait prévenue que nous allions au restaurant, sans doute aurais-je pris le temps de me changer avant de venir. Je ne peux m'empêcher de rouler des yeux quand elle me parle de Cléopâtre et de Colombe. Comme par hasard, elles sont absentes toutes les deux au même moment. Autant dire qu'elles n'ont jamais eu l'intention de venir dans ce cas, ça ira plus vite et surtout, ce sera plus honnête.

« Comme c'est pratique. » j'ironise, tout en adressant un sourire sardonique à mon aînée, qui comme d'habitude ne semble pas atteinte outre-mesure par mes sarcasmes.

Je n'ai cependant pas le temps d'en dire plus, déjà Rose m'entraîne vers la sortie, coupant court à la polémique qui menace de s'installer. Je suis frustrée qu'elle me coupe ainsi le sifflet, mais je ne dis rien de plus, je me contente de pincer les lèvres en signe de désapprobation. Et elle ose me demander comment j'allais depuis tout ce temps ? J'aurais pu en rire si seulement je n'étais pas aussi sidérée. Elle n'a même pas la décence de m'épargner sa fausse sollicitude, elle est outrageusement mielleuse, elle fait comme s'il ne s'était jamais rien passé, comme si je n'étais rien d'autre qu'une sale gosse qui se comporte mal – et peut-être que dans le fond, c'est un peu le cas. Voilà qu'elle se met à me distribuer des compliments, ou tout du moins, quelque chose qui y ressemble fortement. Elle est en train de se moquer de moi, pas vrai ? Comment peut-il en être autrement ? Je me pare à mon tour de mon plus beau sourire – une Lampros digne de ce nom ne fait jamais la gueule – et je me prête au jeu, enfin.

« Tu dis ça, mais de nous deux, ça a toujours été toi la plus belle. » Je suis un peu mielleuse, un peu fielleuse. « Je me souviens de toutes les fois où ils ne faisaient que parler de toi, de chanter tes louanges. Laisse-moi deviner, c'est toujours le cas ? »

Ma jalousie est très nettement perceptible. Ce n'est pas un scoop, j'ai toujours ressenti de l'envie envers Rose et pas seulement parce qu'elle me fait continuellement de l'ombre. Quand j'étais petite, je l'admirais tellement, j'avais même voulu lui ressembler, moi, la petite Lampros à l'ego trop fragile. Il faut dire que nos parents nous comparaient souvent, et se vantaient l'un et l'autre de nos réussites, nous poussant à nous surpasser, voire parfois à entrer en compétition. Je jette un regard circulaire au hall de l'immeuble que nous venons de traverser, faussement impressionnée.

« C'est donc ici que tu travailles ? » Question rhétorique, c'est juste histoire de relancer la conversation qui menace de s'essouffler à tout moment – et je sais qu'un blanc dans la discussion aurait sitôt fait de me rendre dingue. « C'est impressionnant, on peut dire que tu as bâti un empire. »

Sans doute dirige-t-elle ses employés d'une main de maître. Je connais suffisamment bien ma cousine pour savoir qu'elle est particulièrement intransigeante et qu'il faut que les choses soient faites selon ses propres désirs. Moi, j'ai au moins l'avantage de travailler seule. Certes, je ne suis pas encore totalement indépendante mais j'exerce un métier vivant, adapté à ma personnalité volcanique. Je suis de toute façon trop libre pour seulement accepter d'être enfermée dans un cadre trop strict, où tout est réglé comme sur du papier à musique...Je trouve d'ailleurs que jamais une expression n'a si mal été appropriée, mais ce n'est pas le sujet.
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Lun 15 Aoû - 14:43






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Je souriais, amusée. Pénélope avait toujours été jalouse, envieuse très certainement de ce que j'avais eu depuis mon enfance. Première née d'une imminente famille Athénienne, j'étais le futur au même titre que mes frères et sœurs de la branche principale de notre arbre… Nous étions de celles qui supportaient les feuilles, les fruits et les petits oiseaux et écureuils qui vivaient dans nos branchages. Autant de voisins qui appréciaient notre abondance, notre déploiement verdoyant et notre bouquet feuillu. Autant de voisins qui profitaient de nos richesses, dévoraient nos fruits et mangeaient nos graines et glands. Nous étions de ces branches-ci… Pénélope elle, venait d'une branche plus basse et plus frêle où les jeunes pousses s'élevaient vers l'oxygène céleste, ou bien plus haute, tranquille morceau d'écorce qui prenait le soleil sans se soucier de ce qui pouvait bien arriver au tronc. Nous étions ceux qui avions le plus, qui travaillaient le plus à notre nom et à notre gloire, ceux qui dépensaient et que l'on connaissait le mieux.

J'étais la plus belle oui, toujours la mieux apprêtée, la mieux parée, celle aux courbes les plus belles, celle à la chevelure d'or, celle aux yeux d'un bleu de mer tropicale et les lèvres tel un bouton de rose… Qu'étais Pénélope ? Une artiste qui s'était fait un nom oui, mais elle allait de contrat en contrat sans assurance de revenue, elle était de ces fleurs qui se déplaçaient selon le sens du vent, une graine du pissenlit qui quittait le navire quand le temps était venu. « Toujours... » Répondais-je avec panache, un air satisfait peint sur mon visage angélique et le rire au coin des lèvres. « À l'exception près que le chœur de chanteurs s'est agrandi au fil du temps… Et tu dois bien trouver quelques chansons officielles qui parlent de moi. » Un humour piquant au vif la susceptibilité de cette cousine en plein malaise. Je décidais de ne pas prêter attention à ses états d'âme. Je décidais de feindre l'ignorance plutôt que de rentrer dans son jeu d'enfant. Son caprice. Là était la différence entre nous deux… Je n'avais jamais été capricieuse car j'avais toujours obtenu sans jamais demander.

« Bâtir est un bien grand mot… Je dirai plus que j'ai sauvé un bateau du naufrage. Tout ceci existait avant mon intervention, mais ça n'avait pas la valeur que je lui ai donnée. Que serait-il advenu de ces gens si je n'étais pas intervenue ? Un savoir-faire supplémentaire de perdu. » Nous quittions le hall par une porte automatique. Je récupérai au passage mes lunettes de soleil que je mettais immédiatement sur le bout de mon nez. Un rempart supplémentaire entre mes yeux et ceux de ma cousine, un point d'observation, une obstruction pour toute tentative d'insinuation dans mes pensées. On disait que les yeux étaient les miroirs de l'âme. C'était vrai. C'était bien souvent les yeux qui trahissaient les réels sentiments d'une personne à notre égard… Des petits détails : l'intonation d'une voix, des gestes répétitifs… Pénélope était une boule de nerfs et ne savait visiblement pas cacher ses sentiments. Une tare quand on s'appelait Lampros. « Je te laisse choisir le restaurant, je n'ai pas demandé à mon assistante de réserver… Je ne sais pas si tu connais quelques adresses par-ci ? » J'arquais un sourcil. « Toi tu es toujours dans la musique, non ? Disc-jockey c'est ça ? Tu as bien choisi ta vocation… Toujours à la maison pour travailler, les grasses matinées, toujours en fête, sous le feu des projecteurs tout en côtoyant le monde de la nuit… C'est tout toi.»
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Mar 23 Aoû - 22:00
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Penelope & Rose
I hear the birds on the summer breeze, I drive fast, I am alone in midnight, been tryin' hard not to get into trouble, but I, I've got a war in my mind. So, I just ride, just ride, I just ride, just ride

Tout est faux dans cette conversation : nos sourires, les paroles échangées, cela se ressent jusqu'à notre attitude. Entre Rose qui fait semblant de ne rien voir et moi qui bous intérieurement depuis tout à l'heure, voilà qui promet un agréable moment de détente entre cousines. Je retiens de justesse un soupir empreint de lassitude. Pour un peu, je lèverais les yeux au ciel tant sa façon de minauder commençait sérieusement à me taper sur le système. Pourtant, cela se voit que nous sommes de la même famille. Non seulement notre ressemblance physique est plus que troublante – même teint d'albâtre, mêmes longues mèches blondes, mêmes yeux clairs – mais en plus, nous avons les mêmes manières, la même posture. Peut-être est-ce précisément la raison pour laquelle elle m'exaspère autant. J'ai l'impression d'avoir en face de moi  une copie de moi-même, sauf qu'elle est un cran au dessus. Quoiqu'il en soit, mon ego est en train de souffrir et elle s'en fiche royalement. À moins qu'elle en joue, ce qui serait encore pire. Je pince les lèvres d'un air circonspect tandis qu'elle se plaît à me conter les chants dithyrambiques qui lui étaient adressés. À l'en croire, d'innombrables personnes chantent ses louanges. Quant aux chansons officielles...je ne fais aucun commentaire. Ça n'en vaut pas la peine. Et voilà qu'elle s'érige comme étant la sauveuse. Bien sûr. Comment pourrait-il en être autrement de toute façon ? Notre famille est connue pour aimer les artistes et les soutenir. Certains d'entre nous sommes des mécènes, des philanthropes. Nous donnons bon nombre de nos richesses à des œuvres caritatives, moi-même je ne suis pas regardante quant à mes dépenses en dépit de mon train de vie pour le moins dissolu. Étant moi-même artiste, je n'ai pas eu beaucoup de mal à me faire connaître dans le milieu, même s'il n'y avait que peu de femmes disc-jockey. Je suis l'exception athénienne de l'industrie musicale, et ce n'est même pas grâce à mon nom. Mon talent y est pour beaucoup, ainsi que mon sens pour les affaires. Seulement, je suis encore trop fragile pour reprendre les rênes de ma destinée, comme avant, alors je me la coule douce, je vis de fêtes et je m'abreuve de liesse populaire,  si Rose est une belle de jour, c'est encore dans la nuit que je brille le plus.

Tandis que nous sortons de son hall d'immeuble, je coince une cigarette entre mes lèvres fines et je l'allume. Je suis tellement sur les nerfs que je ressens le besoin de m'encrasser les poumons, et à mon sens il s'agit là d'un moyen comme un autre d'expier ma nervosité. Mes sales habitudes ont la vie dure. À chacun ses vices, je suppose. Il est vrai que dans une famille comme la nôtre le paraître est important, pour ne pas dire primordial. Pourtant, l'anxiété est une émotion que j'ai du mal à cacher. Cela fait quelques années à présent, depuis mon accident. Je ne peux plus dormir sur mes deux oreilles, je panique dès que j'entends un coup de feu, même à la télévision. C'est pour cela que je n'ai pas de télé, car dans bon nombre de séries ou de films, ou même aux informations, ça parle de violence, ça flingue à tout va et je n'aime pas ça. Alors, j'évite, autant que faire se peut, j'enterre mon traumatisme au plus profond de mon âme. Tout n'est qu'apparence, n'est-ce pas ? Alors, s'ils me voient rire, sourire, danser et chanter, ils n'y verront que du feu, ils seront tellement envoûtés qu'ils n'auront aucune idée de ce qui m'est arrivé des années plus tôt. Voilà qu'elle me laisse choisir le restaurant. Je considère cela comme une mise à l'épreuve. Ce constat ne fait qu'aggraver mon angoisse. Pourtant je joue le jeu, je remonte la rue d'un pas de conquérant comme si je sais exactement ce que je fais et où je vais. Avec un peu de chance, je toucherai le gros lot du premier coup.

« C'est un peu plus loin dans la rue. » j'explique d'un ton qui se veut confiant. « J'y suis déjà allée, ils me connaissent là bas et on y mange bien. »

Un mensonge éhonté que voilà. En réalité, je bluffe, mais je sais que si je me rends dans une brasserie au hasard, il y a une forte probabilité pour qu'on me reconnaisse en tant que Thalie, la DJ la plus en vue d'Athènes. Dès lors, on me déroulera presque le tapis rouge et on me réservera le meilleur service. Comme quoi, la célébrité ça a du bon, et en plus, ça évite de faire la queue pendant trois plombes. Je me tourne alors vers Rose tandis qu'elle me demande si je suis toujours DJ, avant de faire un commentaire caustique sur mon train de vie. Je me raidis, lui adressant un sourire forcé.

« Oui, je suis toujours DJ. » je confirme, tout de même fière de mon métier. « Ça marche plutôt bien en ce moment, d'ailleurs, c'est parfois de la folie mais j'aime cette vie et pour rien au monde je n'en changerais. Et quand je ne suis pas derrière mes platines je suis chasseuse de têtes, j'aime bien arpenter les bars d'Athènes pour y dénicher de nouveaux talents. »

En réalité, je recrutais aussi pour le compte de l'empire Zourlos, qui sont accessoirement mes producteurs. La plupart de mes amis sont d'ailleurs issus du milieu musical. Certains sont profs de musique, d'autres sont eux-mêmes musiciens, d'autres encore sont danseurs. Quand je dis que ma vie est une fête, c'est bien entendu à prendre au sens littéral. Ma vie professionnelle comme personnelle est riche, intense, fulgurante.

« En parlant de mécénat, tu penses aller à la vente aux enchères ? » je demande, avec un intérêt plus ou moins prononcé par sa réponse. « Pour ma part, je pense y faire un tour. Je trouve le concept amusant puis je ne suis pas contre l'idée de rencontrer de nouvelles têtes que je n'aurais pas pu rencontrer dans d'autres circonstances. Il y aura sûrement du beau monde pour régaler nos yeux. Oh, voilà, nous y sommes. »

Seul dieu sait que l'esthétique est importante pour nous autres Lampros. Nous sommes beaucoup plus sensibles à la beauté des choses que le commun des mortels. Et tandis que je m'arrête à la devanture d'un restaurant gastronomique, je tourne la tête vers Rose, attendant son assentiment.

 
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Mer 24 Aoû - 23:36






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Je retenais un rire. Je doutais qu'un seul des propriétaires des établissements de ce quartier connaisse Pénélope… Elle avait toujours été oisive, préférant travailler de chez elle dans son petit confort, appréciant briller la nuit et fuyant la foule de la journée. J'aimais l'art sous toutes les facettes, j'aimais autant la danse que la musique, les arts graphiques classiques ou modernes, les représentations théâtrales ou l'opéra, mais il fallait bien avouer que les artistes étaient tous un peu particulier… Elle n'échappait donc pas à la règle, ermite, reclus dans son univers et son talent, respirant un air rempli de clés de sol et d'arrangements synthétiques, elle aimait ce monde qui tournait autour d'elle. Il fallait bien comprendre que le monde de la nuit et le monde du jour s'opposaient fondamentalement, ceux que l'on connaissait dans l'un pouvaient être anonyme dans l'autre. Pénélope avait la chance de porter un nom assez connu pour ne pas sombrer dans un anonymat qui ne lui aurait pas plu, à elle comme aux autres membres de notre famille. Nous aimions être le centre de l'attention, nous aimions être adulé et glorifié pour ce que nous faisions mais une fois les spectateurs retirés, nous savions tous la vérité les uns sur les autres, ce que nous valions vraiment. Notre enfance dorée, notre amour remplit d'une certaine rivalité, l'hypocrisie que nous entretenions pour le reste du monde et surtout la supériorité que nous respirions. Nous connaissions notre valeur, même entre nous, et à demi-mots je savais que j'avais plus de valeur que ma cousine, qu'elle n'était qu'une étoile dans le ciel nocturne dont j'étais la lune. Brillante certes, mais éclipsée par mes courbes et ma lueur céleste. « J'espère que tu as conservé une oreille presque absolue, car si l'on écoutait chaque propriétaire de chaque bar d'Athènes ils permettraient tous à un prodige de se produire chez eux… Il y a du bon, mais énormément de personnes à mettre à coter. Nous savons toutes les deux qu'un véritable talent peine à se dénicher. »

« Évidemment ! » La vente aux enchères allait être L’événement où se rendre, personne ne manquerait cette occasion de voir se trémousser quelques beaux garçons sur un podium, observer des femmes scander des prix exorbitants pour obtenir les faveurs de l'étalon sur lequel elles auront misé. Calciare y serait. D'ailleurs, nombreux seraient les membres de la maison du lion à se mettre à prix. « Théophane compte y participer… J'espère que Caprice Calciare aura la décence de ne pas enchérir sur lui, elle nous a suffisamment causés de soucis comme ça. » Le mariage avorté de mon frère avec cette guenon. Une vénale rien de plus, attirée par l'argent et la beauté de mon cadet. Si elle avait la fortune égale à la nôtre, elle n'en avait pas l'éclat. Son blason terni aurait bien eu besoin d'un peu de lumière, et tout ce qu'elle avait gagné, c'était une rayure supplémentaire, un goût de fer dans la bouche et un ridicule qui ferait parler ses ennemies. Un mariage tellement exorbitant… Heureusement on n'avait pas tout perdu, les petits fours avaient été délicieux.

Je hochais positivement de la tête, emboîtant le pas à ma cousine. « Mademoiselle Lampros ! » S'exclama le garçon à l'accueil. Un restaurant tout ce qu'il y avait de plus familial, une cuisine généreuse et légère, une bonne adresse pour les repas entre midi et deux… Vous repartiez avec le sourire et sans avoir le ventre lourd. « Quel plaisir de vous revoir. » « Vous êtes trop aimable... Une table pour deux s'il vous plaît. Vous connaissez ma cousine, Pénélope ? » Il hocha de la tête à son tour, une légère hésitation confirma qu'il n'avait jamais vu ma cousine, mais qu'il était trop poli pour affirmer le contraire. « Monsieur Grazielli n'est pas là aujourd'hui, mais je vais vous donner la meilleure table du restaurant, à l'étage sur le balconnet… » « Parfait, vous lui passerez le bonjour, ainsi qu'à son épouse. » Nous montâmes les escaliers, traversant la salle de repas bondée pour gagner un petit balconnet réservé aux habitués, nous étions seules aujourd'hui. « Ne vous embêtez pas avec la carte, je vais vous prendre une eau gazeuse avec une tranche de citron et une salade de la mer… Je connais votre menu par cœur. Pénélope sais-tu déjà ce que tu veux ? » Un sourire narquois se dessina sur mon visage.
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Dernière édition par R. Rose Lampros le Dim 9 Oct - 18:51, édité 1 fois
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Mer 21 Sep - 21:22
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Bluffer est comme une seconde nature chez moi. Non que je sois une menteuse pathologique, bien au contraire, j'aime cependant tourner les choses à mon avantage, faire miroiter des illusions, faire en sorte de me montrer sous mon meilleur jour. C'est encore ce que nous autres Lampros savons faire de mieux. Tout n'est qu'une question d'apparence dans le fond et le commun des mortels n'y voit que du feu. Comme le reste de ma famille, j'ai appris à maquiller la réalité, l'enjoliver et il se trouve que je suis douée pour cela. Il faut dire que mon passé trouble y est pour beaucoup. Mon adolescence a été plutôt chaotique et j'ai même déraillé quelques fois...le secret que je m'évertuais à dissimuler à la face du monde en était la preuve vivante. C'était un secret tellement bien gardé que même Rose en ignorait tout, et pourtant, elle semblait être au courant de tout ce qui se passait, ici, à Athènes. À l'évidence, elle n'allait pas tarder à découvrir l'imposture, mais je peux au moins prétendre à quelques minutes de répit. Tant qu'elle me tacle sur mon métier, elle sait quoi faire. Quant à moi je n'écoute que d'une oreille ses perfidies, mes pensées sont ailleurs, loin d'ici. Je scrute attentivement le décor, mes prunelles impriment chaque détail de cet environnement qui me paraît si peu familier. Effectivement, les rues d'Athènes ne sont pas identiques de nuit comme de jour, tout dépend du point de vue en réalité. Alors, je me concentre sur mon trajet, je laisse mes sens se réadapter à cette nouvelle réalité. J'essaie de me rappeler de n'importe quel détail qui pourrait m'aider, de la lumière crue des néons, d'une enseigne mal éclairée, d'un lampadaire tombé en panne, mais évidemment, tous ces détails sont invisibles le jour, tout me semble identique, d'une navrante banalité. Les boutiques se suivent et se ressemblent, même les gens sont différents. Je finis par capituler et par rentrer dans un restaurant au hasard, en me disant qu'avec un peu de chance, l'un des serveurs me reconnaîtra. Rose a sans doute déjà compris que tout ceci n'est que de la poudre aux yeux, une habile mascarade, un joli tour de passe-passe. À ce que je peux constater, les êtres diurnes s'accommodent mal avec la magie.

La conversation dérive sur la vente aux enchères qui doit avoir lieu très prochainement. En tant que Lampros digne de ce nom, je serai évidemment présente. J'ai beau vivre la nuit, je ne loupe jamais un événement mondain, même si parfois, mon rôle se limite à faire acte de présence. Heureusement, cet événement promet d'être fort distrayant, en fait, j'ai déjà prévu de flamber un bon paquet de pognon, puis c'est pour la bonne cause, n'est-ce pas ? Si les gens fortunés ne montraient pas l'exemple, qui allait le faire ? Il faut dire que mon rapport à l'argent a toujours été particulier. J'étais un véritable panier percé, l'argent me brûlait tellement les doigts que je ressentais le besoin de le dépenser immédiatement quand j'en avais. J'ai souvent fait des achats inconsidérés, étalant ma richesse aux yeux du monde, me prélassant dans l'indécence propre aux gens de notre trempe. Étant bien née, je n'avais pas le souci de me demander comment j'allais pouvoir boucler mes fins de mois. Aussi mon travail était un petit extra que je m'accordais, juste pour le plaisir. Ni l'une ni l'autre n'avions fondamentalement besoin de travailler pour vivre, nous faisions ça parce que nous en avions envie, et c'était probablement l'un des rares points communs que nous avions. Je laisse échapper un soupir tandis que j'écoute Rose déblatérer sur les enchères. Elle me parle de Théophane, puis de Caprice Calciare. Je hausse un sourcil à peine ironique. Qu'est-ce qui pousserait une Calciare à surenchérir sur Théophane, son ex fiancé de surcroît, si ce n'est que pour le plaisir de semer la zizanie ? Ceci dit, peu des personnes présentes à l'enchère auront l'esprit aventureux, pour la plupart, elles se contenteront de miser sur la personne avec laquelle elles partagent déjà leur vie, parce qu'elles refuseront, par jalousie, de le céder à quiconque. Mes lèvres s'étirent en un sourire malicieux. Je suis là pour m'amuser, pour faire de nouvelles expériences, pas pour me reposer sur mes acquis. Où serait l'amusement, sinon ?

« Elle misera sur son fiancé, comme toutes les autres » j'affirme avec aplomb, sans me défaire de mon sourire. « Les êtres humains sont tellement prévisibles. Ça ne m'étonnerait pas qu'elle ne laisse personne s'approcher de son...comment il s'appelle déjà ? Stanislas ? Silas ? Bref, elle s'en moque totalement de la bonne action, tout ce qui l'intéresse c'est d'empêcher une autre femme de partir avec lui. C'est dommage, j'aurais bien surenchéri sur lui, il est plutôt pas mal, quoiqu'un peu ténébreux. Puis la faire rager, ça doit valoir le détour! »

J'ai beau être une espèce de fée malicieuse, un peu mutine, j'aime également m'amuser aux dépends des autres. Ce n'est jamais rien de méchant, c'est simplement mon côté facétieux qui reprenait le dessus. Finalement, nous entrons dans le restaurant, où nous sommes accueillis par des serveurs. Je réprime un grognement tandis qu'ils s'extasient tous sur ma cousine. Bien sûr qu'ils la connaissent, comment pourrait-il en être autrement ? Déjà, Rose minaude et se pavane. Je me retiens de lever les yeux au ciel. Elle ne changera décidément jamais. Elle manque même de griller ma couverture en un claquement de doigts, mais je ne laisse rien transparaître, je me contente de lancer un sourire enjôleur au garçon, qui se met immédiatement à rougir. Rose a beau être très belle, je fais aussi mon petit effet. Je vois même un éclat de luxure danser au fond de ses yeux. Il me veut, et je ne suis pas contre l'idée de le mettre dans mon lit. Peut-être lui refilerai-je discrètement mon numéro en allant payer tout à l'heure. En attendant, j'adopte le sourire le plus enjôleur de ma panoplie, sans jamais me démonter face aux attaques répétées de ma cousine.

« Je prendrai le plat du jour. » je réponds innocemment, tandis que je mordille l'ongle de mon pouce, presque machinalement. « Je vous fais confiance, contrairement à ma cousine je ne ressens pas le besoin de tout contrôler, j'aime me faire surprendre, alors épatez moi. »

Son regard semble dire vos désirs sont des ordres. J'ai de plus en plus envie de lui donner mon numéro de téléphone. Il m'adresse un drôle de regard, avant de disparaître chercher nos boissons. Tranquillement, je m'installe, avant de poser mon sac entre mes chevilles. Je coince une cigarette entre mes lèvres, je l'allume et j'en tire une bouffée.

« Je crois bien que je vais décrocher un rencard. » je dis avec nonchalance, le regard pétillant de malice. « Je ne serais pas surprise qu'il me demande mon numéro quand nous partirons. Il est plutôt pas mal, tu ne trouves pas ? »

Je m'embrase à la seule perspective de passer la soirée en compagnie d'un homme. Je deviens tout à coup lascive, presque dangereuse. Rose l'a peut être oublié, je fais également partie de ces êtres que l'on désire dès le premier regard, qui ont la sensualité dans le sang et c'est d'autant plus vrai quand on est un Lampros. Ceci dit, Rose reste quand même la plus raffinée de nous deux, si bien que j'ai presque l'air vulgaire en comparaison.

 
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Dim 9 Oct - 19:44






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Je la foudroie du regard. Pense-t-elle que tout ceci est innocent ? Pense-t-elle que parce que nous sommes des Lampros, nous sommes à l'abri des Calciare, pense-t-elle vraiment cela ou feint-elle seulement de ne pas voir le danger qu'ils représentent ? À croire que nous autres, êtres de lumière et de beauté, ne sommes attirés que par les mauvais bougres, ces espèces d'âmes en perdition destinées à nous détruire bien plus qu'ils ne nous apportent… Je ne suis pas craintive pour deux sous, d'ailleurs, pas grand-chose ne me fait peur, mais si je sais bien une chose, c'est que l'unique possibilité de faire disparaître une famille comme la nôtre, c'est qu'il éclate une guerre avec une autre maison tout aussi ancienne et puissante. Nous ne souffrons pas de peu de maux ici, à Athènes, nous sommes entourés par de nombreux alliés et ne comptons que peu d'ennemis notables, mais dans qui sait distingué le louveteau dissimulé sous la peau d'un agneau au sein d'une bergerie ? Qui saurait voir au milieu d'un essaim d'abeilles, la guêpe dissimulée ? Ou encore la vipère au milieu des couleuvres ? Je ne rie plus, plus avec les Calciare, surtout pas avec cette enfant gâtée, cette femme qui porte le vice jusqu'à son prénom. « Tu ne feras rien du tout Pénélope. » Ma voix est sèche cette fois-ci, dénuée de détours et de fumisterie, dénuée de toute gentillesse, elle est froide et ne semble pas vouloir souffrir d'une réponse. « Caprice est vicieuse, tout comme le reste de ses amis et la majorité des siens… Tiens-toi à l'écart des Calciare, ils nous ont suffisamment nui comme cela. Nous ne sommes pas à Delphes ici. » Petite fille de la campagne qui ne comprend pas les tourments de la ville, qui ne peut pas entrevoir les conséquences de ses actes. Stupide cousine aveuglée par son envie incessante de jeu. Brûlerait-elle notre arbre généalogique jusqu'à la racine si tant est que le brasier peut être source d'amusement ?

Je me redresse, contrariée, détournant le regard vers la ruelle en contrebas. Pénélope ne comprend pas, comment pourrait-elle ? Enfant d'une branche mineure exilée dans une ville mineure d'une région mineure d'un pays mineur de l'Europe. Une minorité imprégnée dans son comportement, un comportement avec lequel je ne peux pas être en concordance. Je suis fille aînée de la branche majeure d'une famille fondatrice de la capitale de la Grèce… Mes actions ont des conséquences, comme mes choix, comme ceux de mes aînés. Je ne peux pas agir à la légère, je ne peux pas défier sans penser qu'il y aura des représailles. J'ai mon orgueil, ma fierté, mais contrairement à mes cadets c'est moi qui devrai veiller à la survie de la famille… Pas eux. « Tu ne ressens pas le besoin car tu n'as jamais rien contrôlé très chère cousine… Tu te laisses porter, sans craindre les répercussions de tes choix, tu virevoltes selon tes envies et tes facéties. Tout le bonheur de naître cadet ou benjamin, vous êtes élever à l'ombre des responsabilités. »

Je retrouve un sourire de façade, dissimulant à perfection l'agacement et l'irritation créée par Pénélope. Une enfant gâtée qui ne réfléchit ni à ce qu'elle fait, ni à ce qu'elle dit, qui n'a jamais rien posé et qui ne s'est jamais souciée de rien… Qui fait puis récolte avant d'aller pleurer dans les jupons de son père qui va lui-même pleurer dans les bras du mien. Nous avons toujours récupéré leurs bêtises et sa présence, ici même, à Athènes, attestons mes pensées. Il vient nous servir nos boissons, je l'observe quelque peu avant de me servir mon eau gazeuse… Assoiffée, je porte le verre à mes lèvres avant de sourire en coin. « Je suis certain qu'il ne peut pas se vanter d'avoir déjà eu une aussi belle créature dans ses conquêtes… Fonce alors. » Un petit clin d’œil et un sourire aux lèvres closent mon intervention.
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Sam 10 Déc - 17:53
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Rose ne semble pas apprécier que je parle de cette histoire avec légèreté. Je n'ai aucunement intention de nuire, je veux juste m'amuser un peu. Je suis une sorte de fée clochette, un peu taquine, jamais méchante. Apparemment, je viens de toucher une corde sensible et cela me fait froncer les sourcils. Bien sûr que j'ai entendu parler de cette malheureuse histoire, qui, à Athènes n'a pas entendu parler de ces fiançailles avortées ? Qui n'est pas au courant de l'inimitié qui lie notre famille aux Calciare depuis des générations ? Rose a beau dire, elle-même n'est pas exemplaire en tous points. Même quand j'étais à Delphes, j'avais eu vent de certaines rumeurs la concernant. Je la savais enceinte et c'était un état impossible à cacher pour une femme, au bout de quelques mois. Je n'ai jamais su ce qu'il était advenu du bébé et du père ensuite. Si elle avait fait une fausse-couche, je l'aurais su par mes parents, ou par mes autres cousins. Même si mes relations avec Rose n'étaient plus au beau fixe depuis longtemps, cela ne m'empêchait pas de continuer à bien m'entendre avec les autres. Quoiqu'il en soit, je la scrute de mon regard inquisiteur. Mes yeux verts tentent de percer le masque de froideur que ma cousine arbore désormais. Je n'en ferai rien, dit-elle, parce que ce n'est pas un jeu. Elle me parle de Caprice comme d'un être vicieux entouré de gens tous aussi vicieux qu'elle. Il y a un tel mépris dans sa voix qu'en l'espace d'un instant, j'ai oublié que nous ne sommes pas que ces êtres lumineux que tout le monde veut avoir à ses côtés. Nous sommes autre chose, de plus sombre, de plus tortueux, chaque médaille a ses revers et chaque famille a des squelettes dans ses placards, même la nôtre. Je ne fais pas figure d'exception. Je me redresse sur ma chaise quand je me rends compte que je m'étais légèrement affaissée. Je suis à nouveau droite et digne, fière comme mon habitude, paradant comme un paon. Rose me prend pour quelqu'un de frivole et de stupide, je le sais, je le sens. Je ne peux m'empêcher de me sentir insultée. Delphes est certes une moins grande ville qu'Athènes, mais ce n'est pas non plus un trou perdu au fin fond du Péloponnèse. Le mépris dont elle fait preuve en parlant de mon métier, de ma ville natale froisse mon ego mais je décide de ne pas relever, parce que ça n'en vaut pas la peine.

Plus les minutes passent et plus je me demande comment j'ai pu l'adorer, avant. Rose étant l'aînée des filles de notre famille, bien sûr que je l'admirais, comme on pouvait admirer une grande sœur. Tandis que nous sommes attablées dans ce restaurant gastronomique, je me rends compte qu'il n'y a absolument rien à envier. Je me rends compte à quel point sa vanité et sa suffisance l'enlaidissent et je me félicite de ne pas être ainsi. Moi au moins j'ai su garder ma fraîcheur et mon insouciance, je suis l'incarnation de la joie de vivre, je suis une belle lumière qui réchauffe les corps et les cœurs. Les autres apprécient ma compagnie parce que je suis amusante, j'ai la fête dans le sang et je sème l'amusement partout où je vais. Maman disait souvent que je suis un don du ciel parce que j'apporte le faste et l'abondance aux hommes, je suis généreuse jusque dans mon intimité. Puis, elle se permet de faire un commentaire sur la nécessité de garder le contrôle. J'esquisse une légère moue. Cela ne fait aucun doute que nos philosophies de vie ne sauraient être compatibles. Je me laisse porter, comme elle le dit si bien mais je ne vois pas où est le mal. J'ai juste choisi de ne pas m'encombrer de stress inutile, j'avais suffisamment de vieux démons à gérer au quotidien. Mon cœur se serre soudainement. C'est dans ces moments là que j'aimerais tellement que Ben soit présent à mes côtés. Il savait mieux que personne qui j'étais et ce que je valais. À ses yeux je n'étais pas qu'une glandeuse qui ne pense qu'à s'amuser, j'ai toujours été plus que ça. Depuis que j'étais dans le métier, je m'apercevais avec douleur à quel point les professions du divertissement étaient méprisées. Pourtant, j'étais la première convaincue que les hommes avaient besoin de fantaisie dans leurs vies trop moroses. Rose se prenait pour la reine de notre empire et méprisait la branche dont j'étais issue. J'étais triste de constater qu'à ses yeux nous n'avions pas la même valeur. Pourtant, comme elle, j'étais une aînée, j'avais un petit frère, un petit frère que j'ai abandonné sans regarder en arrière il y a plus de deux ans. Alors, qu'elle ne s'avise pas de dire que je n'avais pas de responsabilités. Mon regard s'est considérablement assombri. La fée clochette n'est plus aussi joyeuse qu'à l'accoutumée. Finalement, le serveur canon apporte nos boissons et avant qu'il ne file, je l'interpelle.

« Je voudrais des glaçons supplémentaires dans ma boisson. » dis-je d'une voix brûlante et aguicheuse. « Il fait un peu chaud par ici, vous ne trouvez pas ? Je crois que j'ai besoin de me rafraîchir. »

Je fais bien entendu allusion à la chaleur qui émane de mon corps et qui n'a pas grand-chose à voir avec le climat. Tandis qu'il revient reprendre ma boisson, confus, je sors un stylo de mon sac ainsi qu'un morceau de papier sur lequel j'écris soigneusement mon numéro. Ce n'est certes pas une façon subtile d'attirer quelqu'un dans ses filets mais quand je passe en mode séduction je ne suis jamais subtile. Je ne tourne jamais autour du pot trop longtemps, je ressens juste le besoin de satisfaire un besoin primal, je ne prends même pas la peine de connaître mes partenaires d'un soir, rares sont ceux avec qui je remets le couvert. Une nuit, je ne peux pas me permettre de leur promettre davantage. Je ne veux plus prendre le risque de m'attacher à nouveau parce que la perte de Ben m'a brisé le cœur. Ils posséderont mon corps mais ils n'auront jamais mon âme. Lorsque le serveur revient, je lui glisse mon papier, qui finit dans sa poche. Maintenant, les cartes sont entre ses mains, s'il veut me voir alors il n'a qu'à appeler, dans le cas contraire je me contenterai de quelqu'un d'autre, je trouve toujours quelqu'un quand je vais chasser.

« Tu vois, c'est simple comme bonjour. » j'ajoute à l'attention de Rose, tandis que la perspective de passer ma soirée dans le lit de quelqu'un me remet un peu de baume au cœur. « D'ailleurs, tu en es où dans ta vie sentimentale ? » ma voix devient un peu plus doucereuse tandis que je m'enquiers – plus ou moins – innocemment sur les conquêtes de ma cousine. « Tu étais fiancée, n'est-ce pas ? C'est quoi le nom de cet artiste, déjà...Leander, c'est ça ? Vous n'avez pas encore déterminé une date pour votre mariage ? Je suis pourtant certaine qu'à Athènes, ce sera l'événement mondain du siècle. Tu sais que tu peux me faire signe si vous avez besoin d'un DJ, j'ai été invitée à pas mal de mariages dernièrement. »

Incorrigible romantique que je suis, j'adore aller à des mariages, même si je ne suis pas celle qui est conduite à l'autel. D'ailleurs, pour être honnête je ne le serai sans doute jamais mais c'était toujours un plaisir d'accompagner les autres pour le plus beau jour de leur vie. Je ne m'en plains pas, de toute façon je ne suis pas certaine d'être faite pour la vie conjugale. Je suis libre, je suis insaisissable, mon cœur n'appartient à personne et encore moins mon âme.

 
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Dim 11 Déc - 16:01






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Je me retenais de lever des yeux au ciel… Quelle vulgarité ! J'avais honte, vraiment, que pareille beauté puisse s'abaisser à un tel niveau de bassesse. Je me rendais définitivement compte alors que nous avons bien changé, et que nous n'évoluions plus dans les mêmes cours, que nous avions quitté les mêmes cercles et que s'en était bel et bien terminé de notre lien indéfectible de cousine préférée. Pénélope serait désormais l'une de ces membres éloignées dont vous craignez la venue aux repas de famille et dont vous espérez le refus, que vous n'avez pas particulièrement envie de voir mais que vous ne pouvez pas oublier d'inventer, elle ferait partie des prochains dilemmes de ma vie… C'était triste de constater que malgré notre histoire familiale commune, malgré ce sang que nous partagions et ces valeurs ancestrales qui nous avaient été inculquées, nous avions pris deux chemins totalement opposés. J'avais été élevée avec la ferme intention de me propulser sur le devant de la scène, que je devienne l'étoile montante puis fixe d'une capitale à l'agonie, que je devienne la reine d'un parterre toujours plus gratiné, celle qui régnerait sur Athènes… J'avais été éduquée dans l'idée que j'étais une princesse digne du meilleur sur cette terre, et que tout ce qui était inférieur ne devait même pas m’effleurer. Pénélope serait à jamais la seconde, pas très loin derrière moi, mais pas assez performante pour prendre ma place, elle serait première dans une cour inférieure, là où le sang n'avait pas véritablement d’importance et où seul le talent régnait. J'étais déesse olympienne destinée à captiver, elle était muse inspiratrice des hommes, mais jamais nous ne pourrions être mis sur le même pied d'égalité. J'étais trop, et elle était peu. « Simple comme bonjour... » Répétais-je, un sourire narquois pendu à mes lèvres.

Nous étions toutes deux trop bien élevées pour se séparer malgré notre envie de partir, malgré notre lassitude d'être l'une avec l'autre, coincée à l'écart dans ce restaurant… Stupide idée que de ne pas avoir simulé une réunion quelconque pour éviter la voir. J’avais été trop douce, trop gentille, j'avais voulu donner une dernière chance à notre affaire, mais elle était peine perdue. Nous étions similaires et à la fois totalement différentes, nous n'avions ni les mêmes opinions, ni les mêmes vues sur le monde, nous étions deux cellules similaires, mais l'une œuvrait pour le cœur et l'autre pour les poumons. « J'ose espérer que ce sera le cas… Papa a dans l'idée de faire un mariage presque princier, mais je ne suis pas certaine que Leander soit très à l'aise au milieu de six cents invités et une armée de domestiques pour veiller à la bonne marche de la fête. » Non. C'était sûr que non. « Il faut que nous en rediscutions, mais avec mon emploi du temps et ses œuvres qu'il doit terminer, nous n'avons pas beaucoup de temps pour nous… Et puis, papa n'est particulièrement enchanté par cette perspective, donc les tabloïds devront encore attendre un peu. » Je me cachais derrière cette excuse, même si elle n'était pas totalement fausse… Beaucoup de personnes se demandaient pourquoi je décidais de me marier avec un homme beaucoup plus vieux que moi, boiteux et surtout sans véritablement position dans la société ni même envie d'en posséder une. J'étais moi-même en plein doute. Les assauts incessants d'Alexandre, l'amour débordant de Luigi, mes rêves d'enfance. J'aurai bien plus l'air d'une belle épousant d'une bête que d'une princesse connaissant une vie heureuse… C'était triste à dire, mais c'était ainsi. « J'ose espérer que j'aurai un standing assez élever pour me passer de disc-jockey... » Je prenais ma boisson gazeuse pour en boire une gorgée avant de hausser les sourcils, réalisant une chose toute bête. « Il faudra que tu me communiques l'adresse de Ben pour que je puisse l'inviter… Je serai assez vexée que tu viennes accompagnée d'un plan cul, aussi agréable et mignon soit-il. »
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« This torture and not mercy. Heaven is here, where Aphrodite lives, and every cat and dog and little mouse, every unworthy thing, live here in heaven and may look on her. They may seize on the white wonder of dear Venus’s hand and steal immortal blessing from her lips, who even in pure and vestal modesty, still blush, as thinking their own kisses sin. » GUERLAIN
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Hermès express
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