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divinités mineures
DEBUT DE TON ODYSSEE : 25/08/2016
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LOCALISATION : Athènes, la ville qui l'a vue naître, grandir, espérer puis déchoir.
INCARNATION : Bridget Satterlee
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Mar 13 Sep - 19:58
I'm ready for that hit between the eyes
Letha & Séraféim
You can feel the tension in the street, there's no escape, getting closer to the heat.  You play with fire, get your fingers burned, It's too late, past the point of no return.

C'est là que mon chemin m'a menée, dans les bas fonds d'Athènes, dans les quartiers les plus craignos dont la violence semblait être le leitmotiv. Pourtant, je ne fléchirai pas, pas ce soir, ni même jamais. Je n'étais pas là pour plaisanter, ni pour prendre le thé. J'étais là pour une raison bien précise, une raison qui était seulement connue par mon cerveau tordu, prête à en découdre. Cela n'a pas été facile car l'homme que je m'apprêtais à voir n'a rien d'un tendre, mais j'ai tout de même réussi à le convaincre, parce que j'ai de la ressource. J'ai toutefois dû me délester de quelques billets, mais par la flatterie outrancière j'étais parvenue à mes fins. Je voulais le meilleur, parce que je ne savais pas me satisfaire de la médiocrité. La médiocrité n'allait me servir à rien dans cette quête effrénée dans laquelle je m'étais lancée à corps perdu. Je m'y accrochais comme à un rafiot de fortune, il n'y avait que ça qui me faisait vibrer. Lorsque mes neurones gangrenées par la rancune se mettaient en branle, je me sentais invincible, galvanisée, gonflée à bloc. Les rouages étaient impeccablement huilés, parfaitement imbriqués les uns dans les autres. L'ensemble obéissait à une logique implacable, difficile à défier. Je savais ce que je voulais et j'irai jusqu'au bout, je l'avais juré. Véritable amazone des temps modernes, je me tenais debout, droite et fière, toisant de mes yeux sombres le terrain vague que nous allions occuper une bonne partie de l'après-midi. L'endroit était suffisamment isolé pour que nous soyons tranquilles. Ceci étant dit, les bruits de coups de feu devaient tellement être fréquents dans ce quartier d'Athènes que ses habitants n'y prêtaient  plus attention.

J'avais garé la voiture un peu plus loin, là où j'étais sûre qu'elle ne sera pas vandalisée. Je n'avais pas vraiment envie de la retrouver en kit, de toute façon, je n'avais pas les moyens de payer des réparations d'une telle envergure. Dire que j'avais consenti à donner du pognon à ce type, on voyait vraiment où était mon sens des priorités. Peu importe. J'avais fini le chemin à pied, traversant les rues désertes d'un pas rapide, tout du moins, aussi rapide que mon statut d'estropiée me le permettait. Cela se voyait que ma démarche n'était pas fluide, que mes pas étaient presque saccadés.  Autrefois je pouvais aller où bon me semblait, à présent, je ne pouvais pas aller bien loin, chaque enjambée que je faisais était extrêmement douloureuse. Je refusais de m'aider d'une canne, pas à mon âge, cette simple idée m'était insupportable. J'avais presque vingt-deux ans, bordel, comment pourrais-je me résoudre à renoncer à mon indépendance et ma mobilité ? La réponse tenait en trois mots : hors de question. Alors je souffrais en silence, je ne faisais pas grand-chose pour soulager mon mal et je ne me plaignais jamais, parce que ce n'était pas mon genre de me plaindre. J'encaissais et j'avançais, marche ou crève, c'est comme ça que ça marche. Plutôt que de me laisser bêtement crever dans le caniveau, je me démenais comme une diablesse pour me sortir du merdier dans lequel j'étais plongée depuis quelques temps déjà. Mes méthodes n'étaient guère orthodoxes mais cela n'avait pas la moindre importance, je n'avais pas envie de m'emmerder avec les règles et les conventions. Pour parvenir à ses fins, il fallait savoir prendre des risques, on n'avait rien en restant sagement dans son coin, à attendre que ça se passe. Ce que je voulais, j'allais le chercher et lorsque je l'obtenais, je savourais le fruit de mes efforts acharnés avec délectation.

Et maintenant que j'y étais, il n'était plus question de reculer. Je m'avançais résolument vers la silhouette solitaire qui se tenait droit devant moi. À la distance où il se trouvait, il n'avait guère l'air plus grand qu'une fourmi et pourtant, plus je m'approchais, plus je me rendais compte que je n'avais pas affaire à n'importe qui, que ce gars-là savait manier les armes à la perfection et que comme j'avais exigé le meilleur, alors, j'aurai le meilleur, quitte à y mettre le prix. Un éclat de satisfaction farouche dansa dans le fond de mes prunelles si sombres, semblables à deux obsidiennes.

« Tu es venu. » constatai-je, platement, tandis que j'arrivais à sa hauteur. « Non que j'en doutais, mais c'est appréciable de voir des gens qui savent encore tenir leur parole. »

Certes, il ne m'avait rien promis, il aurait même très bien pu se débiner et me laisser en plan, mais il était venu, exécutant les termes de notre contrat tacite. Je ne plaisantais pas avec l'honnêteté, c'était même à mes yeux une valeur cardinale. Je jouais à la loyale, j'appréciais que l'on fasse de même avec moi. C'était aussi simple que cela, mais apparemment, ce n'était pas évident pour tout le monde puisque les rues étaient peuplées de menteurs et de tricheurs. Je le jaugeais du regard, notant silencieusement les menus détails de son visage, à la recherche de n'importe quel truc qui pourrait le trahir. Mes doigts, eux, palpaient l'intérieur de mon blouson en cuir, où j'avais planqué une enveloppe pleine d'argent dans la doublure. Ce que je lui devais pour cette leçon, en somme. Mes lèvres se pincèrent tandis que les traits de mon visage se durcissaient. Je sortis l'enveloppe en question et la lui tendis.

« Le compte y est. » indiquai-je, comme pour lui dire que ce n'était pas la peine de compter derrière moi parce que je n'étais pas du genre à vouloir rouler les autres. « Alors, Maestro, en quoi consiste la leçon d'aujourd'hui ? Si tu ne veux pas que je t'appelle Maestro, on peut trouver autre chose sans soucis. »

Je n'allais pas chipoter pour un surnom à la con, de toute façon, rien ne m'empêchait de le rebaptiser ainsi dans ma tête, même si ça ne lui convenait pas. Il n'était pas obligé de savoir. Mes lèvres s'étirèrent en un léger sourire sardonique. Les poings au fond des poches, je le toisais, digne et fière, altière comme une reine.
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DAUGHTER OF ERIS + Elle est comme l'eau qui dort, un fleuve dont on ne peut voir la profondeur. Autrefois pure et sacrée, ses eaux sont boueuses et ses crues sont destructrices. Elle accorde le pardon, mais sa justice est sans pitié. Elle n'a pas d'âge, malgré son visage de poupée, elle semble porter le poids du monde sur ses épaules, et elle a vécu littéralement plusieurs vies. L'oubli vertueux soigne les âmes en lambeaux. Elle permet la guérison de la psyché, elle est  promesse de bonheur car elle est capable de rendre leur innocence à ceux qui l'ont perdue.


Dernière édition par Letha Morales-Kaligaris le Sam 14 Jan - 14:52, édité 1 fois
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héros et demi-dieux
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héros et demi-dieux
Ven 23 Sep - 23:17

“But all is to be dared ” & Cette nana est déterminée.
Ne pas le reconnaitre aurait été un mensonge assez ridicule. Ca se voit comme le nez au milieu de la figure. Certes il ne la connait pas très bien, on pourrait même dire qu’il ne la connait pas du tout, mais elle a déjà eu les couilles de parler à un dealer, de lui demander des informations sur le mec qui … il se souvient plus vraiment, bref, elle est remontée jusqu’à Séra. C’est pas rien, c’est louable et salutaire. Lorsqu’elle a exposé ses motivations, le chef des myrmidons s’est marré un peu, dans sa barbe d’abord, et ensuite il s’est calmée. Parce qu’elle est sérieuse, très sérieuse, qu’elle veut apprendre à manier les armes et que les types qui lui rient au nez, faut pas être très futé pour comprendre qu’elle les méprise ouvertement. Du coup il a arrêté de rire. Il l’a pas questionnée longtemps, il a juste fixé son regard noir, vénère, clairement déter. Elle, elle s’était renseignée. Bah ouai, on débarque pas chez Séra sans savoir au minimum à qui on a à faire. Elle l’a flattée, l’a caressée très largement dans le sens du poil. Les myrmidons présents à côté se sont marrés, quelques uns l’ont même félicités, Séra quant à lui … a été particulièrement attentif. Il est conscient de son problème trop sujet à la flatterie, extrêmement sensible. Il a laissé faire, ça a payé, parce qu’elle est putain d’douée. Il l’a arrêtée en alignant son prix. C’est pas donné, c’est sûr, et c’est pas comme s’il avait besoin de thune, mais en soit … Il veut voir jusqu’où elle est prête.
Elle a dit qu’elle réfléchirait, qu’elle trouverait un moyen de rassembler la thune. Il lui a donné rendez-vous sur le parking d’un ancien magasin d’alimentation générale, un truc paumé, derrière un hangar désert, au fin fond d’un quartier qu’elle ne semble pas bien paumé. Rien que de s’y rendre est une fin en soi. Il a souri un peu, en lui donnant l’adresse. Il s’est marré, parce qu’elle s’est pas décomposée, et qu’elle s’est tirée, d’un air résolu, d’un pas décidé, les mains calées dans les poches, clopin clopant.
Elle boite un peu, ça se voit presque pas, mais Séra est plus attentif qu’il n’y parait. Il repère les failles.
Lorsqu’elle s’avance vers lui, c’est encore plus visible. Simplement parce qu’il fait attention cette fois. Il fronce les sourcils en tirant sur sa clope. Il est assis sur un muret, son vélo est attaché sur le côté. Il craint pas pour lui, même s’il est flambant neuf, c’est l’sien, tout l’monde le sait et personne viendra l’chercher. Il la fixe, arrivant de lui, avec sa gibolle en marge. Ca lui donne un truc, parlera-t-on de charme ? Non, mais ça la fait se démarquer. Ca, et la rousseur, et les yeux qui vous dévisagent et vous jugent. Eux ils font mal. Il reste assis sur son muret, alors qu’elle s’avance. Elle se tient bien droite, sûre d’elle. Lui réagit pas trop, continue de tirer sur sa clope. Elle sourit, enfin.
« Tu es venu. Non que j'en doutais, mais c'est appréciable de voir des gens qui savent encore tenir leur parole. » Il hausse les épaules en la regardant de haut en bas. Il lâche, en mâchant ses mots les uns dans les autres : « Mouaif, les dealer ont intérêt à avoir d’l’honneur t’crois pas ? » Sinon adieu la clientèle. Il lui jette un coup d’œil amusé. Il est pas spécialement avenant, il est pas là pour devenir son pote. S’il voulait pécho, il aurait posté une candidature sur meetic. Ou tout simplement il serait allé en boite. Cela étant, il se sent pas de faire la gueule toute la soirée. Elle finit par sortir les deux mains de ses poches, l’une d’entre elle tenant une enveloppe. Séra descend de son piédestal d’un mouvement ample. Niki trouve qu’il ressemble à une panthère. Lui sait pas vraiment, il préfère pas se prononcer. Il attrape l’enveloppe et l’ouvre. Il compte. Quatre gros billets. Parfait. Un léger sourire passe sur son visage.  « Le compte y est. »  « C’t’un plaisir de faire affaire avec toi. »  Elle enchaine sans perdre de temps.  « Alors, Maestro, en quoi consiste la leçon d'aujourd'hui ? Si tu ne veux pas que je t'appelle Maestro, on peut trouver autre chose sans soucis. » Clairement, elle a le sens des priorités, et c’est parfait. Autant ne pas perdre de temps. De son sac à dos au sol, il sort un flingue, qu’il lui tend sans plus attendre. Il tire une dernière taffe sur sa clope, avant de laisser tomber le mégot au sol. Il lance « Maestro, c’cool, mais t’sais la lèche ça s’arrête là, au bout d’un moment ça va être relou. »  Rapidement, il s’élance à quelques pas. Il prend une bouteille en plastique, trônant au sol « On commence par les bases. » Jusque là ça devrait aller. La bouteille est à une petite dizaine de mètres, rien de méchant. Il se poste à côté d’elle, sent immédiatement son hésitation. Sans la ménager, il attrape ses deux bras, les tends devant elle, lui flanque le flingue entre ses mains. Il se rapproche, garde ses mains sur les siennes. « C’est pas une science complexe. Faut juste du sang-froid et de l'expérience. » Il cale son menton sur son épaule pour regarder bien droit devant elle. « Tremble pas, ferme un œil, vise légèrement au-dessus du canon. Te laisse pas déstabiliser par le poids et par le recul quand t’auras tiré. » Il lâche ses mains.





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take me, i'm yours.✢ Honestly, as ridiculous as that thing makes you look, I don’t believe I’ve ever seen anything more beautiful. Watched you for as long as I dared.


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Mer 19 Oct - 14:06
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Letha & Séraféim
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Je n'en avais rien à faire de sa misogynie, qu'il pense qu'une fille, ça ne joue pas avec des armes à feu, parce que moi, je ne jouais pas, j'étais extrêmement sérieuse et j'avais remué ciel et terre pour trouver quelqu'un qui pourrait me donner quelques cours de tir. Je me fichais bien qu'il soit aimable, avenant, tout comme je me fichais bien du reste. Je n'étais pas là pour faire copain-copain avec lui de toute façon, je lui avais juste demandé un petit service, pas vraiment la mer à boire. Flatter son ego de mâle dominant m'avait coûté, je n'étais pas là pour brosser les hommes dans le sens du poil mais visiblement, ça avait porté ses fruits. De la même façon, je n'avais rien à lui prouver, et encore moins ma valeur. Je me fichais bien d'être bien ou mal considérée, l'opinion des autres à mon égard n'avait que peu d'importance. Il me dévisageait, tout comme je le dévisageais. Je ne fléchissais pas, je ne fléchissais jamais. Je n'étais pas le genre de personne qui avait peur, qui étaient facilement impressionnables. J'avais cette franchise qui faisait que je regardais toujours les gens bien en face, je les intimidais presque, parce que les regards de chien battu, ce n'est vraiment pas mon truc. Déjà que ça ne m'amadouait pas, comment pourrait-il en être autrement avec les autres, surtout avec des gars comme ça ? Il était là, la clope au bec. Je n'eus aucune réaction lorsqu'il parla très explicitement de dealers. Qu'il trempe dans des affaires louches ou pas, cela ne me faisait ni chaud ni froid, cela ne me regardait même pas. Je savais encore d'où je venais, quels codes régissaient de tels milieux, parce que mes connexions avec ce monde étaient nombreuses, trop nombreuses, et que j'avais beau essayer de m'élever tant bien que mal, j'avais toujours une attache, des racines profondément ancrées, comme si c'était dans mes gènes. Je n'ignorais pas l'implication de certains membres de ma famille dans de telles entourloupes, j'avais même tendance à fermer les yeux là dessus. J'étais de toute façon mal placée pour jugée, parce que cette vie, c'était ce qui m'aurait pendu au nez si mon père n'avait pas tout fait pour me mettre à l'abri. Le sport, ça avait été son idée à lui, il avait décelé ce potentiel très tôt et m'avait permis de l'exploiter pour que je puisse sortir de cette merde, pour que je vive un peu plus décemment, même si le passé finissait toujours par nous revenir en pleine tête comme un boomerang.

Je ne souriais pas, je n'étais même pas amusée, même quand il me disait que c'était un plaisir de faire affaire avec moi. Mon visage se contentait de rester impassible, insondable. On se jaugeait du regard, rien de plus. Ce n'était qu'une entrée en matière, en vue de notre collaboration future, tout du moins, qui allait avoir lieu dans un futur très proche. Pour ainsi dire, c'était même imminent. Je lui avais donné l'argent, je n'attendais plus qu'il honore sa part du marché. Il n'avait pas besoin de savoir que ce fric, je l'avais obtenu en accumulant les boulots de merde, que j'avais presque sué sang et eau pour ramasser quelques billets, que j'étais complètement fauchée, mais apprendre à me défendre était devenu une priorité. La simple idée de me sentir vulnérable me tordait les tripes et me donnait la nausée, parce que je ne voulais pas être faible, je ne voulais plus jamais être à la merci de qui que ce soit, comme un animal sans défense. Je ne cillai même pas lorsqu'il sortit un flingue de son sac à dos, je ne tremblai pas davantage lorsque mes doigts touchèrent le métal encore froid, encore moins quand mes doigts un peu raides se refermèrent autour de la crosse. Même des années après l'accident, j'avais toujours du mal à saisir certains objets, ça avait été toute une aventure de pouvoir à nouveau plier mes doigts pour attraper quelque chose. Je le suivis lorsqu'il s'éloigna de quelques pas. Je regardais droit devant moi, tout en essayant d'évaluer les distances qui nous séparaient de nos cibles. Mon regard perçant analysait déjà la configuration des lieux, parce que c'était important, ne serait-ce que pour viser. Il fallait commencer par les bases, disait-il.

« Bien. » répondis-je en guise d'acquiescement, tandis que je continuais à étudier les lieux, attentive au moindre détail.

Mes mains tremblaient un peu, mais ce n'était pas à cause de la peur. La peur ne faisait pas partie de mon monde, ma muraille était inviolable, ma volonté inébranlable. C'était mon corps qui ne suivait pas, cette carcasse rouillée que je me traînais comme un boulet. L'arme était lourde dans mes mains endommagées, fragilisées. J'avais du mal à garder les bras tendus droit devant moi, parce que mes articulations se manifestaient de façon très douloureuse. Pourtant, je ne fléchissais pas, je ne le pouvais pas de toute façon, parce que mes mains étaient prisonnières des siennes, alors, je n'avais pas grand-chose d'autre à faire. Il me parlait de sang froid et d'expérience. Je haussai un sourcil.

« L'expérience, c'est ce que je suis venue chercher. » dis-je platement, la voix un peu rauque – bon dieu, je n'aime toujours pas les contacts physiques, ça me mettait toujours mal à l'aise. « Le sang-froid, on peut toujours s'arranger, ce n'est pas ce qui manque. »

Dire que ce mec là était le gérant d'un magasin de jardinage, et que son truc, c'était de vendre des râteaux et des pelles – toujours utiles pour enterrer les cadavres. À l'évidence, ce n'était qu'une activité de façade, qui sert d'écran pour planquer d'autres activités encore moins recommandables. Je ne m'étais donc pas trompée sur son compte, pour un peu, j'en ressentirais une certaine forme de satisfaction. Je n'eus toutefois pas le loisir de m'en réjouir, il venait de caler son menton sur mon épaule pour regarder dans la même direction que moi. Je dus me faire violence pour ne pas réagir, car dans d'autres circonstances, il se serait certainement retrouvé au tapis pour moins que ça. Je n'étais pas du genre malléable, à se laisser faire sans broncher. Je n'hésitais pas à cogner, et ce avant même d'ouvrir la bouche. J'étais tendue, cela se voyait, cela se sentait maintenant qu'il était près, trop près. Cela devrait pourtant me donner suffisamment de hargne pour faire feu, pour dégommer cette bouteille sans la moindre hésitation. Déjà, il me donnait ses premières instructions, m'indiquait la marche à suivre.

Je repris ma respiration lorsqu'il me lâcha. Je gardais les bras tendus, droit devant moi. Mon œil droit se ferma lentement. Mon pouls s'accéléra, mon cœur cognait dans ma poitrine, tandis que je sentais l'adrénaline me gagner. Je ne tremblais plus, affichant à la place une froide détermination. Lorsque je fus certaine de mon coup, j'appuyai sur la détente. La détonation claqua à mes oreilles, tandis que je serrais les dents pour ne pas vaciller. La balle avait atteint sa cible, pulvérisant la bouteille. C'était peut-être la chance du débutant, mais en tout cas, j'avais réussi. Cette fois, l'ombre d'un sourire passa sur mes lèvres.

« Je vois que j'ai toujours certains réflexes. » Qu'y avait-il de mal à s'auto-congratuler, après tout ? « C'était plutôt pas mal, pour une première. Tu en penses quoi, Maestro ? »

Mon ton était devenu un peu plus piquant, tandis que je l'affublais une nouvelle fois de ce sobriquet un peu débile. Ce n'était rien de bien méchant, à peine pour me payer sa tête sans en avoir l'air, parce que j'étais comme ça, parce que dans le fond, j'aimais bien emmerder le monde et je ne m'en cachais pas.  
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